Au sommet de son art, PJ Harvey revient mi février 2011 avec Let England Shake, un album aussi troublant qu'étincelant et amer en forme d'élégie adressée à son cher pays, aux soldats morts au combat et plus généralement au monde – en train de sombrer – tel que nous le .../...

Au sommet de son art,
PJ Harvey revient mi février 2011 avec
Let England Shake, un album aussi troublant qu'étincelant et amer en forme d'élégie adressée à son cher pays, aux soldats morts au combat et plus généralement au monde – en train de sombrer – tel que nous le connaissons... Si la gravité est très présente dans les textes et si la tonalité est souvent assez sombre, Miss Harvey est arrivée à composer des musiques pouvant se révéler entrainantes, voire même des tubes qui tourneront bientôt en rotation lourde sur la planète entière (
The Last Living Rose, Written On The Forehead). Le singulier talent de la songwriter basée dans le Dorset, en Angleterre, réside dans la réussite sur l'opus dont il est question ici d'une sorte de synthèse miraculeuse de toute sa carrière en un seul album ; les versants expérimentaux de ses œuvres (
Let England Shake, Hanging In The Wire, England, The Colour Of Earth) sont admirablement mélangés avec ce qui a fait sa légende rock 'n roll et son très mérité succès planétaire (les futurs hits cités plus haut, ainsi que
In The Dark Places, The Glorious land et
Bitter Branches), le tout étant agrémenté de trouvailles sonores et d'idées d'arrangements qui aboutissent à la mise au monde d'un album hyper riche et très surprenant. Enregistrés dans une église du 19ème siècle avec l'aide de
Flood, Mick Harvey et
John Parish, les douze morceaux qui composent le dernier disque en date de l'admirable brunette sont à la fois sobres, épiques, virulents et poignants... Autant de qualités permettant à Polly Jean d'émouvoir au plus haut point, en se servant à merveille de la force et de la versatilité de son incroyable voix, de la puissance de ses mélodies, du côté protéiforme de ses instrumentations (autoharpe, samples, guitares, piano, saxophone, batterie légère, trompette de cavalerie, influences celtes ou reggae.. ) et de la pertinence de ses mots. En écoutant ses chansons écrites d'une plume à la fois directe, enflammée et poétique, toute l'absurdité de la guerre, qui envoie de jeunes hommes au casse pipe pour pas grand chose, avant de leur proposer de rentrer chez eux brisés à vie ou entre quatre planches, éclate en pleine gueule, comme un obus sur le champ de bataille dévasté par l'homme qu'est devenu la Terre. Si ce désespérant constat n'est pas nouveau,
PJ Harvey a le mérite de rappeler quelques vérités sans enfoncer de portes ouvertes et sans laisser une seule seconde l'ennui faire une apparition en guest star. Ce grand disque, arrivant après vingt ans de chefs-d'œuvre et de travaux aventureux et qui sera dignement
défendu sur scène en compagnie de
Jean-Marc Butty, Mick Harvey et
John Parish, permet à PJ Harvey d'entrer définitivement dans le cercle très fermé des artistes cultes. Et donc de rejoindre ses influences
Dylan, Marianne Faithfull, Cobain, Patti Smith, Violent Femmes et
Nick Cave.
A lire également, les comptes rendus du show à
l'Olympia de Paris, le 25 février 2011 et du concert de présentation de l'album
Let England Shake à la
Maroquinerie (Paris), ainsi que la
chronique du concert de PJ Harvey aux Eurockéennes de Belfort 2004.
Sites Internet :
www.pjharvey.net,
www.pj-harvey.net,
www.facebook.com/PJHarvey,
www.islandrecords.co.uk,
www.ilike.com/artist/PJ+Harvey,
www.myspace.com/pjharvey.
14 février 2011 (Island - Universal)