Soirée de clôture de la 9ème édition du Festival de Jazz des Cinq Continents ce samedi 26/07 au Palais Longchamp. Comme chaque année un cadre magnifique pour accueillir des artistes prestigieux. Et un public plutôt âgé, hautain et complètement hostile à son voisin, à qui il ne lâcherait pas un cm2 du précieux territoire qu’il vient d’annexer sur la pelouse face à la scène ! Mais vous le verrez par la suite, un jazzeu peut en cacher en autre …
Soirée de clôture, donc avec en 1ère partie un jeune pianiste issu de notre charmante ville, Benjamin Faugloire. Persuadée que les concerts débutent officiellement à 20h30 (comme tous les autres soirs du festival …) j’arrive comme une fleur à 20h50 pour entendre monsieur Faugloire annoncer son dernier morceau ?!? Dommage, ça avait l’air sacrément groovy !
Changement de plateau pour accueillir ensuite la révélation du festival, la nouvelle diva soul Sandra Nkaké, ce soir en version sextet. Le « Monsieur Loyal des 5 Continents » finira d’ailleurs son élocution par cette phrase mythique « et n’oubliez pas que dans sextet, il y a sex ». Sans commentaire …
Dès son entrée en scène Sandra Nkaké dégage à la fois force et douceur, simplicité, charme et drôlerie. Avec une bonne part d’autodérision et surtout une forte dose d’énergie ! Un cocktail explosif mais sans artifice, tout en sincérité.
Sandra Nkaké est accompagnée de cinq musiciens de talent, tous amis et compagnons de route de la chanteuse : Didier Combrouze (guitare et cœurs), Booster (clavier, MCP et percus), Guillaume Farley (basse et cœurs), Vincent Theard (clavier) et Frank Montegary (batterie).
Sur fond de groove soul, de rythmique funk et d’énergie rock, la majorité des chansons de son set évoquent l’amour. Celui qui nous unit, qui nous transcende, celui qu’on partage, celui qui coule dans nos veines (évocation de son pays d’origine, le Cameroun), celui qu’on donne … ou pas (I ain’t gonna love ya). Des paroles littéralement enveloppées par la voix chaude, suave et sexy de la chanteuse.
La suite du set laisse la part belle à son autre thème de prédilection: le naturel, le Vrai. Etre soi, sans complexes et surtout, sans se prendre la tête. Sandra Nkaké ira même jusqu’à proclamer « vive la cellulite, vive les bourrelets » avant d’entamer le très beau Stay True sur fond reggae. Nous expliquant encore dans un autre morceau très funky qu’elle croit à la réalité et non aux contes de fée.
Enfin, cerise sur le gâteau dans ce set pourtant déjà riche en émotions et en frissons : l’ovni, la pépite, le bijou … une reprise partielle et géniale de la Mauvaise Réputation de Brassens version spoken word, human beat box et boucles auto-samplées !!
22h passées et déjà le dernier morceau Happy, synthèse parfaite de ce set trop court durant lequel Sandra Nkaké et ses musiciens nous auront fait voyager dans un monde simple, beau, musicalement riche en émotions et en énergie. Avec pour seule revendication l’amour et la joie.
Mais il est l’heure de céder la place à la tête d’affiche du festival : Marcus Miller.
Là, pas de long discours, pas de blabla. Juste un rappel : Marcus Miller est tout simplement l’un des meilleurs bassistes au monde alliant technique (c’est le roi incontesté du slap et du tapping) ET génie musical (travail de l’harmonie, mélodies ciselées, arrangements soignés. Que du bonheur). Un univers jazz funk soul issu à la fois de ses influences et de ses multiples collaborations.
La majorité du public l’attend debout, vibrant et impatient. Et là, la honte : l’autre partie du public (heureusement en infériorité numérique !!) qui crie « assis, assis ». D’où ma critique du public « jazzeu » en début de chronique. Arrrrgggh.
Mais c’est sans compter sur la puissance, l’énergie et le talent d’un Marcus Miller en pleine forme, qui débarque vêtu de son éternel ensemble chemise-chapeau noir, accompagné ce soir de musiciens, que dis-je, de « tueurs » à la batterie, au clavier et au sax (Mea Culpa, je n’ai pas noté leurs noms).
Dès le premier morceau Blast, cette fine équipe saura réveiller le groove qui sommeillait en mon voisin (le même qui criait « assiiiiiis » quelques minutes plus tôt …). De là s’enchaîne un set magique, incluant des morceaux phares comme Jean Pierre (écrit avec Miles Davis), des titres plus récents comme When I fall In Love, et de magnifiques reprises : Higher Ground de Stevie Wonder ou encore Come Togeher des Beatles.
Une parfaite alternance de mélodies jazzy et soignées avec des rythmes funk et groovy. Alliage de douceur et d’énergie, de talent et de technique, de complicité avec les autres musiciens et de plaisir de jouer. Encore mille mercis, Mr Miller.
>> Réponse (le 04/08/2008 par TEPH) Peu de place pour le concert. De plus les gens sont debout devant la très belle scène et de fait faisaient un mur au son .../...La suite
>> Réponse (le 18/08/2008 par Myriam) Dès l'arrivée sur scène, on ressent sa détermination à passer un agréable moment sur scène avec ses accolytes ainsi .../...La suite
Après la très bonne surprise de la veille avec Richard Galliano, Archie Shepp et même Monica Passos c'est avec beaucoup de plaisir et un peu de retard (enfin c'est ce que je pensais) que je reviens au Palais Lonchamps … même si ce soir ce sera un peu moins détendu puisque je compte partir avant la fin pour me rendre au Sud Side (situé à l'autre bout de Marseille) pour assister au dernier concert de Where's Captain Kirk ? (dont j'avais vu l'un des premiers concerts il y a 4 ans), mais ça ce sera l'objet d'une autre chronique.
Queue un peu plus fluide que la veille en arrivant au Palais … meilleur gestion de la foule ? Affiche un peu moins prestigieuse ? En arrivant en haut sur l'esplanade je constate qu'il y a certainement au moins autant de monde que la veille. Comme la veille je zappe les stands sandwich et autres pour aller me coller au pied de la scène où je retrouve quelques têtes déjà croisées la veille (dont le sosie de Bill Gates). Peu de temps après que nous ayons pris place, le groupe fait son entrée.
Eric Le Lann à la trompette et Jannick Top à la basse électrique sont accompagnés ce soir de deux « petits jeunes » : Jim Grandcamp guitariste (électrique) en jean un peu grand et usé et t-shirt noir et Damien Schmitt batteur cheveux long guère plus âgé au look plus métal / hard que jazz … assez vite on a pu constater que cette impression n'était pas fausse.
Dès le deuxième morceau on a pu constater que Jim et Damien ne faisaient pas que de la figuration. Ils donnent une couleur rock voire métal à la plupart des morceaux, si bien qu’à certains moment on se demande qui si on est vraiment venu voir un duo trompette – basse ou eux. J’avais déjà eu le même sentiment hier avec Galliano qui n’a pas hésité à s’effacer derrière ses musiciens à plusieurs reprises pour les laisser devenir les stars du moment (notamment le violoniste), ou même Shepp par rapport à Denis Colin.
C’est une des petites différences que je sens entre un groupe de rock / chanson classique et les quelques groupes de jazz (en tout cas ceux vus récemment). Ils se font plaisir, se laissent de la place, jouent ensembles … Gros son donc sur ce début de soirée, avec une grand complicité perceptible entre Jim, Damien et Jannick qui ont tout le temps un sourire scotché sur le visage, sauf lorsqu’ils grimacent pendant certains solos …
Eric Le Lann est un tout petit peu moins expressif, ou disons que par moments il donne moins l’impression de s’amuser, au point qu’on se demande parfois si il s’amuse autant que les autres. Dans le cas de Jannick Top sachant qu’il a fait partie pendant longtemps de Magma on n’est finalement pas tellement surpris. Mais au final tous les 4 sont à fond dedans, la trompette se fond parfaitement dans ce jazz métal aussi surprenant qu’entrainant.
Un régal pour commencer la soirée pour moi mais aussi pour mes parents qui m’ont accompagné ce soir et pour les gens de tous âges qui ont trémoussé leur tête pendant une bonne heure. Pourtant ça n’était pas gagné parce que ceux qui sont venus voir Stacey Kent ne devaient pas s’attendre à ça …Apres un rappel on aura le droit à une petit démonstration de beat box par le batteur pour présenter Eric Le Lann ! Très sympa !
Après un long moment de changement de plateau pendant lequel je suis allé faire dédicacer quelques BD-Cd sous une des tentes blanches pas loin de l’entrée, les musiciens de Stacey Kent : piano, contrebasse, saxo, batterie se sont installés derrière leurs micros et c’est sous leurs applaudissements (et ceux du public) que Stacey Kent a fait son entrée. Ayant prévu de me rendre au Sud Side je ne resterai pas très longtemps pour son set (4 morceaux) mais mes impressions sur disque (enfin sur son myspace) se sont assez vite révélées exactes … et m’ont ensuite été confirmées par mon père le lendemain.
Elle s’adressera au public dans un français tellement impeccable que j’ai cru qu’elle était canadienne … comme Céline Dion avec qui j’ai trouvé qu’elle partageait au final un certain nombre de points communs. Stacey Kent a une très jolie voix et de ses chansons (la plupart étant des reprises) se dégage un côté intemporel propre a ce jazz qu’on imagine entendre dans les halls des grand hôtels de luxe (peut être qu j’ai regardé un peu trop de films américains à une époque). Un petit côté Paris Combo finalement mais en beaucoup plus lisse. Tout est centré sur sa voix et on sent bien que tout est réglé au millimètre.
Le contraste avec le groupe précédent est impressionnant. Ceux qui connaissent les disques n’ont pas du avoir beaucoup de surprise (si ce n’est quelques nouvelles reprises comme une de Benjamin Biolay). Les musiciens sont parait il restés extrêmement statiques. Bref je n’ai finalement pas eu trop de regrets à partir plus tôt n’étant pas spécialement d’humeur cucu ce soir là.
J’ai trouvé cela touchant quand elle nous a parlé de son compositeur, arrangeur, producteur, ami et mari depuis 17 ans … et ai été un peu surpris quand j’ai réalisé que c’était en fait le saxophoniste très effacé qui se tenait sagement debout à côté d’elle. Bref pour faire court on dira que ce n’était pas assez rock et spontané pour moi
9eme édition et première pour moi au Festival de Jazz des 5 Continents au Palais Longchamp.
Je me suis souvent demandé comment la scène pouvait être disposée dans le parc. Je m’y suis baladé un nombre incalculable de fois et pourtant quand je suis arrivé, je suis resté scotché. Le concert a lieu sur la pelouse principale juste à côté de la buvette mythique où je sirotais des grenadines étant petit.
Je ne sais pas si c’est le jeu de lumières ou les grands arbres majestueux mais il planait une ambiance très agréable, apaisée. Tout ceci est bien adapté au Jazz, on peut s’asseoir tranquillement sur l’herbe ou sur sa chaise perso (pour les plus prévoyants).
Mais je me dis aussi que ce potentiel pourrait être exploité pour d’autres évènements. Les festivals ont souvent du mal à trouver refuge dans cette ville, on peut penser à Marsatac qui a déménagé de nombreuses fois ou encore le Festival de Marseille qui a du quitté le Parc Henri Fabre (à cause de problèmes de voisinages…), ça serait donc une idée à creuser.
Du côté du public, c’est fidèle à ce que j’en attendais, plutôt âgé et surtout assez aisé. Il y aussi pas mal de familles, des poussettes, des jeunes enfants.
Je suis arrivé assez tard, peu de temps après la fin de Galliano. Je ne suis vraiment pas fan de l’accordéon donc je pense que je n’ai pas raté grand-chose par rapport à mes goûts musicaux.
Ce n’est pas le cas d’Archie Shepp, légende du Free Jazz, dont le CV décliné avant sa prestation est plus qu’éloquent (compositeur, pianiste, chanteur, poète engagé, dramaturge). Ce monsieur a joué avec les plus grands mais a aussi révélé de jeunes talents. Il excelle au Sax et a été présenté comme l’héritier de John Coltrane.
Du haut de ces 71 ans, c’est un charmant vieux monsieur, très classe (chapeau, beau costume gris) qui arrive sur scène avec son quartet. Tom McClung au piano, Steve McCraven à la batterie et Wayne Dockery à la contrebasse.
Il a aussi invité son ami Denis Colin à la clarinette basse et Monica Passos à la guitare et au chant. Avec sa voix rocailleuse, il s’adresse dans un français parfait à l’audience qui semble conquise.
Après une première partie où il se « contentera » de jouer du sax et dont je ne permettrais pas d’élaborer une critique puisque profane en la matière, il se lancera au chant avec sa voix grave et éraillée dans des morceaux plus dynamiques quasiment Rhythm and Blues. C’est la partie que j’ai préféré car beaucoup plus proche de mes sensibilités.
Ensuite, il sera rejoint par Monica Passos, brésilienne, pour des morceaux influencés par ses fréquents voyages à travers le monde musical et notamment la World Music. Ils nous gratifieront aussi d’une très belle reprise de Avec le temps de Léo Ferré.
Ainsi Archie Shepp nous a fait voyager dans différents univers qui retracent sa longue carrière. Il est remarquable de le voir sur scène pendant 2h, à un âge avancé ne voulant plus partir alors que de jeunes artistes ne dépassent pas les 1h15 ( Cf. Justice aux Voix du Gaou).
Le public n’en demandait pas tant et c’est une grande performance qui fut accompagnée d’un véritable standing ovation.
Je suis donc assez fier d’avoir assisté à ce concert qui malgré mon ignorance relative en Jazz m’a laissé l’impression de prendre part à un moment privilégié.
Plus de photos par Pirlouiiiit (qui a été très agréablement surpris par Richard Galliano et le Tangaria Quartet) en cliquant ici
Bonus vidéo :
et une petite de Archie Shepp reprenant du Ferré avec Monica Passos : là
Très belle soirée en effet sur les pelouses du Parc Longchamp (dont il faut bien profiter avant que notre bien-aimée municipalité en arrache un bout pour en faire un parking à 4x4... renseignez-vous si vous n'y croyez pas !). Je fréquente peu ce festival pour cause d'ignorance avérée en matière de jazz, et n'y suis donc pas revenu depuis longtemps, pour une fabuleuse prestation de St Germain feat. Herbie Hancock ! Avant notre arrivée, Abd Al Malik est venu répondre aux questions du public, très gentiment (pas étonnant de la part du personnage). Dommage, l'interview Live in Marseille est encore ratée pour cette fois !
André Minvielle, musicien accompli que je ne connaissais que de nom, convoque avec lui et ses excellents musiciens, tout l'imaginaire du festival d'Uzeste, à mi-chemin entre jazz Nougaresque et diction FabulousTrobadorique. Il est extrêmement sympathique, drôle, son concert tient aussi du one-man show ou de la répète en plein-air, que l'on suit agréablement le cul dans l'herbe et une chopine à la main - le passage sur la toux de pépé est effectivement génial. Il chantera aussi, pour conclure idéalement sa prestation, la fameuse chanson qui fait "Et si c'était ça la vie, et si on nous l'avait pas dit...', joyeuse et mélancolique, qui me renvoie à mes années d'étudiant !
Plus tard le p'tit black du Neuhof revient faire des siennes avec son non moins excellent groupe : le vibrionnant Abd al Malik nous a déjà laissés sur le cul en triomphant aux Eurockéennes il y a trois semaines, et ce devant un public rock gonflé à bloc, pourtant plutôt venu pour voir les Hives et autres Q.O.T.S.A ... Et ce soir il s'y prend d'une autre façon, plus calme et détendue, mais cette fois-ci devant un public venu en partie spécifiquement pour lui. Qui s'est déjà levé et amassé devant la scène sans qu'il ait besoin de dire quoi que ce soit, d'ailleurs !
Ses textes pleins de charme, de gravité et de maturité, font merveille même si on commence à bien (voire trop) les connaître - on envie ceux qui ont encore la chance de les découvrir ! Sa reprise songeuse de Ces Gens-là (qui s'appelle Les Autres, soit dit en passant Miss Zou ;-) !), les moments tragiques du Grand Frère et de la très déprimante Saigne sont efficacement contrebalancés par l'afro-beat de Gibraltar, la combattante 12 Septembre 2001 et la rappée Rentrer Chez Moi (où il se livre à des chorégraphies étranges et très personnelles, comme sur Soldat de Plomb...).
Après nous avoir fait danser, penser, communier, il termine en lisant une lettre pleine de jolies pensées à son petit Mohammed (Je regarderai pour toi les étoiles), tandis que le Parc Longchamp flotte doucement sous les constellations, bercé par une brise agréable. Longue vie au Festival Jazz des 5 Continents qui tient bon malgré des difficultés fréquentes à exister à côté de très grosses affiches comme Marciac - on se fait la promesse d'y revenir plus souvent !
Abd al Malik+André Minvielle 27 juillet 2007- Palais Longchamp- Marseille Retour dans le magnifique cadre du Palais Longchamp ce vendredi 27 juillet pour une soirée sous le signe du slam, cet art d’expression orale sorti de l’ombre il y a quelques années et propulsé sur le devant de la scène par des artistes comme Grand .../...
Retour dans le magnifique cadre du Palais Longchamp ce vendredi 27 juillet pour une soirée sous le signe du slam, cet art d’expression orale sorti de l’ombre il y a quelques années et propulsé sur le devant de la scène par des artistes comme Grand Corps Malade, Abd Al Malik … et surtout Vibrion !!!
En première partie ce soir André Minvielle, que je connais de nom, mais dont je suis loin de soupçonner les qualités artistiques.
Dès les premiers morceaux, le monsieur nous invite dans un univers festif, décalé et ultra original où règne l’accent du sud. Sur scène cet homme-orchestre-troubadour (au chant, percussions, batterie, piano et autres objets non identifiés !!) s’entoure d’un band où tous les musiciens rivalisent de talent.
Accordéon, contrebasse, sax, basson et trompettes se mêlent et s’entrechoquent dans un style jazz, blues, java et musette qui n’est parfois pas sans rappeler celui d’un certain Claude N également originaire du sud ouest.
Des rythmes qui accompagnent à merveille les textes, interventions et mimiques de Minvieille : des sujets parfois drôles (comme le râle de son grand père), parfois plein d’émotion (deux titres très touchants sur sa compagne et leur enfant) voire également revendicateurs.
Bref, chez ce « volcalchimiste » comme il aime à se présenter, les mots frétillent et cognent, les rythmes claquent. Un spectacle bien sympathique, à voir en live résolument !!
NB : cet activiste est associé à la Complexe Articole de Déterritorialisation dans le grand projet/sujet Suivez l'Accent. Plus d’infos ici : http://www.larticole.org/
Arrive ensuite Abd al Malik, star de la soirée qui a (entre autres) le mérite de rajeunir sérieusement le public du festival !!
Rappeur, slameur, poète, chanteur, conteur urbain …on ne sait plus comment présenter celui qui indéniablement a su s’imposer dans le paysage musical français par son talent et son originalité.
La nuit tombée, ce « grand homme » (dans tous les sens du terme …) et ses excellents musiciens entrent enfin en scène et attaquent par un des titres phares de l’album : Soldat de Plomb.
Le jeu de lumières minimaliste et tout en contre jour met parfaitement en valeur ce texte brut et dénonciateur.
Piano, fender rhodes, batterie, contrebasse et Bilal (ex NAP) aux platines : musicalement on est à la frontière du slam, du rap, du jazz et de la chanson française.
Très rapidement Abd Al Malik et ses musiciens réveillent le public qui se lève et reprend en cœur les textes forts de titres comme 12/09/2001, Gibraltar, ou encore Rentrer chez moi et La Gravité. Doué d’une très bonne présence scénique, étonnant par sa simplicité et son authenticité, Abd Al Malik nous offre un set riche, incluant notamment Ces gens Là, jolie reprise de Brel mariant intelligemment imitation et hommage.
Bref, un beau spectacle ! porté par des musiciens prestigieux et des textes souvent critiques mais toujours touchants. Profitez en, ils sont en tournée tout l’été !
2ème soirée du jazz des 5 continents. La seule à laquelle j'assisterai - intérêt d être la bonne ;-)
faut dire qu un nom s était détaché de la programmation au moment où j avais consulté celle ci : Willy DeVille. Grosse surprise pour moi :
"tiens, c était pas ce chicos qui avait fait une reprise mariachi (avec fifres et trompettes et tout le tremblement ) de Hey Joe d Hendrix...il s est mis au jazz, lui, maintenant ?"
Sans avoir été emballé par sa mouture cantina et ranchera (savez ces chansons qui se jouent dans les mariages mexicains) du mythique morceau de Jimmy, j avais été piqué par la curiosité.
Et les étoiles scintillent ardemment dans le ciel noir et calme au dessus de Palais Longchamp quand le set de Willy DeVille, ex- Willy DeSade, commence.
Il réserve d ailleurs avec une forte galanterie la primeur d ouvrir le concert à ses 5 musiciens. Un instrumental. ça commence délicatement par une introduction très classsique au piano avant que les guitares et la section rythmique ne viennent prendre le relais façon pétaradante. C est bien ryhtmné et cela annnonce un concert aux sonorités très New Orleans et Louisianne...mais plus bluesy que jazzy (y a pas photo)
Ce 1er morceau passé, Willy arrive. Silhoutette à la Giaccometti, costume noir, bandana noir sur la tête soulignant son tein hâve, visage émacié...On est plus impressionné par le gus que par le décorum assez tristounet de la scène ( pensez donc simplement 2-3 panneaux qui changent de couleurs ) . Il me fait penser à Elrik le nécromancien (personnage d'héroic fantaisy qui était nanti d une charmante épée répondant au doux nom de Stormbringer et qui avait la particularité de se délecter d'âmes humaines...ah mes tendres années).
Outre un physique hors du commun et une présence magnétique, c est avant tout sa voix qui arrête notre attention : sa voix si caractéristique - éraillée façon Springsteen mais en plus grave et en moins travaillée (je crois) exprimant quand même 30 ans de pérégrination à traver sun monde musical profond et émouvant si on en croit la présentation faite par le président du festival juste avant le concert.
Dès sont entrée, le public s est levé comme un seul homme et s'est rapproché de la scène. DeVille lui réservera d ailleurs une performance très variée : compos originales (j'imagine), et pas mal de reprises (bcp), un spectacle alternant chansons pechues où il aime bien hurler et faire hurler son harmonica que des chansons qui prennent leur temps... Et je pense notamment à une étonnante reprise d Heathbreak Hotel d Elvis.
Il communique facilement avec le public. S'essaie même à maintes reprises à quelques mots en français. Willy est français dans l âme. C'est lui qui le dit : il a quand même une mère d origine basque si jai bien compris son esperanto fançais/anglais. Et pis façon j'ai souvenir, il y a quelques années de ça en arrière, justement au moment de son énorme succès médiatique avec Hey Joe ( 1993-1995 ? ), d'avoir lu une interview du gus où il expliquait toute son admiration pour Edith Piaf qu'il considérait comme étant une vraie punk ! Il avait même écrit "le chat bleu" en hommage à la nana de Marcel Cerdan (et d'Yves Montand).
plus tard, il invitera sur scène l harmoniciste ( est-ce bien comme cela que l on dit ? ) J-J Milteau et joueront du Muddy Waters en offrande aux marseillais conquis et venus massivement ( certains sont perchés sur les branches d arbres, c est dire le succès de cette soirée ).
Bien sûr, Hey Joe ne manquera pas. Bien sûr moins orchestrale que sa version qui le révéla au grand public.
Avec tout ce beau monde, j ai oublié de vous croquer les 2 choristes, 2 blacks corpulentes, qui sont arrivées en même temps que lui sur scène et qui resteront assises le temps du concert entier. J avais jamais vu ça moi perso. Mais bon elles feront correctement leur boulot, rien à dire sans être dotées de voix marquantes pour autant.
Au finish un set bien plus rock (de la grande ville enfumée), et blues (des travailleurs noirs américains) - le tout empreint d influence sudiste : de La Louisianne, DeVille a gardé certains instruments du blues tels le washboard ou le bottleneck - que jazz mais qui aura bien fait guincher le public. Rythmnes syncopés, musique chaloupée forçant au déhanchement. Et les guitares encadrant à merveille la voix de rogome de cet homme aux allures d"écorché vif. DeVille a bien fait de revenir à la musique, lui qui s'était éclipsé tant de temps dans un ranch après le succès rencontré au début des années 90. Dailleurs, à part sa fameuse reprise je ne connaissais pas grand chose de son univers musical. J'ai alors demandé autour de moi et on m'a prêté CADILLAC WALK album qui rassemble le meilleur des débuts de l'artiste à l'époque où profondément influencé par Ben E. King et autre Phil Sector il sevissait dans les salles de la scène punk new yorkaise aux côtés des combos punk. C'est funky, rock'n'roll et folk et bien sûr déjà hispanisant. Avec son groupe le Mink DeVille il se détache du lot tant les chansons de Willy puisent dans les profondeurs de l'histoire de la musique afro-américaine. On y retrouve notamment la chanson mentionnée plus haut Le Chat Bleu mais également des chansons interprétées ce soir comme Venus Of Avenue D ou Spanish Troll. là aussi entre ballades romantiques et morceaux plus soutenus. Une excellente façon d'entrer dans l'univers varié de Willy pour ceux auxquels le concert aura donné envie d'en savoir plus.
Je ne concluerai toutefois pas sans vous parler de la 1ère partie,
plus qu'honorable, de Joelle Genisson, l'enfant du pays comme elle ne sait pas fait faute de le rappeler 105 000 fois au public, un peu mou c'est vrai en début de soirée.
Joelle Genisson joue du jazz bien plus franc que Willy, là pas de doute et à la double casquette de pianiste, ce par quoi elle commencera son show et de bassiste, instruments qu elle alternera avec une aisance insolente tout au long de ce début de soirée (bien que je l'ai trouvé véhiculant plus d'émotions au piano qu'à la basse et ce malgré sa virtuosité dans ce 2ème instrument). Avec son combo Latin project et ses nombreux invités, elle offrira un large spectre musical allant de la musique africaine en passant - bien sûr - par le jazz via la bossa nova et autre genre brésilien.
Parmi ses invités, et en dépit de la plastique vertigineuse de la chanteuse brésilienne Luciana et de chute de reins à vous faire perdre la mémoire, la palme d'or des invités revient pour moi sans conteste à Omar Kouyaté, ce jeune chanteur guinéen à la voix douce et chaleureuse, jouant également de la Kora.
Au cours de ses 3-4 interventions, j'ai vraiment décollé pour l'afrique, l'impression de survoler Konakri, les senteurs et les couleurs chaudes des façades des rues, le soufle du vent, les dunes, le brouhaha des marchés, une parfaite réussite que tous ses passages.
>> Réponse (le 30/08/2007 par sylvie) palais longchamp à Marseille - 26 juillet 2007 Un concert genial ! Un pur moment de bonheur : willy Deville une fois de plus nous a enchanté et transporté, ok je suis .../...La suite