Bien malin ou bien blasé, qui résistera aux tubes d'électro-pop pied au plancher et ultra-efficaces qu'enfilent les irlandais du Two Door Cinema Club comme des perles, sur leur premier album Tourist History ! Une douce insouciance joyeuse s'empare en effet de l'auditeur à .../...

Bien malin ou bien blasé, qui résistera aux tubes d'électro-pop pied au plancher et ultra-efficaces qu'enfilent les irlandais du
Two Door Cinema Club comme des perles, sur leur premier album
Tourist History ! Une douce insouciance joyeuse s'empare en effet de l'auditeur à l'écoute de
Cigarettes in the Theatre, Do you want it all ou encore
Come Back Home. Difficile de bouder longtemps son plaisir à l'écoute de ces musiques référencées, mais résolument hédonistes et pétaradantes, arrosées à l'occasion d'une pincée de rythmique afro (
Vampire Weekend est passé par là) :
Something good can work ou
Eat up, it's good (également sous influence
Phoenix).
Bien sûr, on relèvera quelques titres un peu moins marquants (
Undercover Marty), quelques gimmicks un peu fatigants (
This is the life), mais au moins un single qui tue,
I Can Talk (un pur climax en
concert), peut-être LE titre électropop de 2010, du genre que faisaient les
Editors au tout début.
Et puis sur
What you know qui ouvre leurs concerts, les
2DCC semblent s'adresser en direct aux jeunes facebookistes désespérant (paraît-il) de leur avenir, et qui se défoulent aux premiers rangs au son de leur musique :
"I can tell just what you want : You don't want to be alone !" - sors de chez toi faire la fête à notre concert plutôt que de moisir devant une vidéo à la maison ! Rien que pour cette capacité à saisir l'air du temps, en paroles comme en musique, on peut les aimer sans chercher à juger outre mesure l'originalité ou la dimension spirituelle de leur production...
Plus racoleurs que les
Foals, mais moins épuisants que les
Klaxons, les
Two Door Cinema Club sont finalement à l'électro-pop ce qu'Airbourne est au hard rock, Jeremy Jay à la pop vintage ou les Bishops au rock garage : de jeunes gens décomplexés reprenant simplement et agréablement à leur sauce une cuisine déjà étoilée maintes fois auparavant, et qui ne peut donc que faire plaisir aux amateurs de plaisirs déjà balisés et à l'occasion, un brin régressifs. En attendant de savoir si ce groupe sera capable de rééditer un tel coup fumant (au moins 6 bonnes chansons, pas mal sur un premier disque !), ils nous auront de toutes façons légué un bel album de
feel good music pour se prémunir de l'automne bien déprimant à venir.
(2010)