Critique de concert Jazz A La Tour 4/5 : "Django Et Rien D'Autre !" + Perrine Mansuy Quartet "Vertigo Songs" + Laure Donnat & Lilian Bencini Duo "Gloomy Sunday"

La pluie a rafraîchi l’atmosphère en ce samedi après-midi. La porte du Château est close malgré l’heure dépassée du début prévu du premier concert. On entend les balances des disciples de Django à l’intérieur. C’était le moment ou jamais d’utiliser la fanfare chargée d’égayer le site.

La Fanfarine (j’en parlerai demain) n’arrivera pourtant qu’après une demi-heure d’attente, au moment où les festivaliers s’agaçaient d’être traités comme des usagers de la SNCF, pâtissant d’un retard sans aucune information…
Perrine Mansuy Quartet "Vertigo Songs"
Depuis que je connais la date de ce spectacle, j’essaie d’éviter d’en savoir quoi que ce soit. J’aime les surprises et celle-ci est prometteuse : association de Perrine Mansuy, pianiste aérienne vue dans le Christian Brazier Quartet et de Marion Rampal, (en)chanteuse pour laquelle ceci sera mon huitième coup de cœur.

Et le deuxième pour Perrine Mansuy, donc. Car ce sont ses compositions que le quartet, complété par Jean-Luc Difraya (percussions) et Rémy Decrouy (guitare, laptop) va interpréter.
Des mélodies subtilement interprétées au piano comme Wandering Dreams qui inciteront nombre de spectateurs à fermer les yeux pour mieux s’en imprégner. Une douce sérénité s’en échappe. Son jeu de piano évoque celui de Tori Amos quand celle-ci n’est pas habitée par les démons.

Celle qui est habitée ce soir, c’est Marion. Elle crie à la rédemption sur Xanadu, elle réussit l’exploit de danser le tango tout en restant les pieds cloués au sol tant son chant est expressif. Elle est (presque) aussi sensuelle qu’Audrey Hepburn dans Diamants Sur Canapé mais bien meilleure interprète de la merveilleuse Moon River. Elle est parfaite sur Rythm A Ning, lorsque Perrine nous fait enfin face, délaissant le temps d’un titre son piano pour son Korg.

Jean-Luc Difraya, assis sur son cajón, le tapote de la main gauche et baguette ses autres percussions de la droite. La moindre parcelle de son visage semble concernée par son jeu. Rémy Decrouy, lui, ajoute sa guitare ou sample des sons. L’un d’entre eux a fait râler ma voisine qui cherchait partout le malotru qui avait oublié d’éteindre son portable…

Perrine Mansuy "Vertigo Songs" : Perrine Mansuy : piano / Rémy Decrouy : guitare, laptop / Jean-Luc Difraya : percussions / Marion Rampal : voix.
La reprise de Smile (Chaplin / Nat King Cole) clôturera en beauté cette belle découverte. Les quatre étoiles de la soirée sont déjà assurées.
Ca tombe bien car voilà le set que je redoute le plus :
"Django Et Rien D’Autre !"

Pour ceux qui l’ignoreraient encore, 2010 est l’année Django Reinhardt (centenaire de sa naissance). Ce projet-là, quinze jours après celui de Bireli Lagrène au Festival Jazz Des Cinq Continents est un hommage encore plus fidèle. Le producteur prend la parole : "beaucoup de groupes jouent des titres d’autres compositeurs "à la manière de Django Reinhardt", je ne sais pas si c’est à encourager ou à déplorer". On a compris le message, il le déplore. Ce jazz-là, je ne l’écoute plus, je m’en suis lassé. Mais le slogan de l’AJMi, "la meilleure façon d’écouter du jazz, c’est d’en voir" trouvera pour moi sa signification ce soir.
Bonus vidéo :
Car la vision des mains du maestro Raphaël Faÿs et de ses deux acolytes Steeve Laffont et Yorgui Loeffler sur le manche respectif de leur guitare est un réel plaisir.
Il fait froid mais leurs doigts ne sont pas gourds !
Rudy Rabuffetti va faire la pompe pendant une heure et demie. Il n’en semble pas frustré, bien au contraire, tout comme le contrebassiste dont le maestro ne se souvient pas du nom lorsqu’il s'agit de le présenter.

Les titres se succèdent, les prouesses avec : Swing Guitars et Webster (composés avec Stéphane Grappelli), Artillerie Lourde, Blues En mineur, I’ll See You In My Dreams (Raphaël Faÿs en solo), Valse A Django, Minor Swing…
Danse Nuptiale a dû donner des idées à une spectatrice aux formes généreuses. Elle a jeté son dévolu sur Yorgui et s’avance vers la scène pour lui faire une danse d’approche.
Seul Bolero a tranché avec le reste du répertoire, un peu trop linéaire à mon goût.

Django Et Rien D’Autre : Rudy Rabuffetti : guitare rythmique / Steeve Laffont : guitare / Raphaël Faÿs : guitare / Jean-Luc Fabre : contrebasse / Yorgui Loeffler : guitare
Laure Donnat & Lilian Bencini Duo "Gloomy Holiday"
2010 est donc l’année Django Reinhardt. Je préférais 2009. C’était l’année Billie Holiday (cinquantenaire de sa mort). Justement l’hommage qui suit lui est adressé. Je l’avais apprécié à Marseille, à la Maison du Chant : Laure Donnat est au chant, Lilian Bencini à la contrebasse.
Je préfère rester sur cette prestation-là. Les conditions n’étaient pas idéales pour eux ce soir :
- Ils n’ont pas eu le temps de faire des balances à cause de la pluie. Conséquence, retour pas au point, trop de réverbe ;
- Le froid est devenu carrément glacial ;
- Leur déception devait être grande de voir les nombreux amateurs de jazz manouche (plus forte affluence de la semaine) déserter en masse pour ne finalement jouer que devant une trentaine de spectateurs ;
- Le matériel s’y est mis : pédale à boucles de Lilian récalcitrante…

Tous ces paramètres ont notamment perturbé les scats, si scotchants voilà dix mois. Les plus belles réussites furent My Man et sa belle fin à l’archet, l’adaptation d’une folle originalité de Strange Fruit et Don’t Explain (pourtant le titre où Lilian n’a pu sampler mais son plan B fut judicieux).
C’est toujours un plaisir de se replonger dans le riche répertoire de celle que Lester Young surnomma Lady Day. Vivement 2015. Ce sera à nouveau l’année Billie Holiday (centenaire de sa naissance).
Setlist : Trav’lin’ Light / My Man / Good Morning Heartache / Lady Sings The Blues / Strange Fruit / I Want To Die Easy, When I Die / I Have A Dream / What A Little Moonlight Can Do / Body & Soul / Don’t Explain / God Bless The Child
Rappel : Gloomy Sunday.

La Fanfarine (j’en parlerai demain) n’arrivera pourtant qu’après une demi-heure d’attente, au moment où les festivaliers s’agaçaient d’être traités comme des usagers de la SNCF, pâtissant d’un retard sans aucune information…
Depuis que je connais la date de ce spectacle, j’essaie d’éviter d’en savoir quoi que ce soit. J’aime les surprises et celle-ci est prometteuse : association de Perrine Mansuy, pianiste aérienne vue dans le Christian Brazier Quartet et de Marion Rampal, (en)chanteuse pour laquelle ceci sera mon huitième coup de cœur.

Et le deuxième pour Perrine Mansuy, donc. Car ce sont ses compositions que le quartet, complété par Jean-Luc Difraya (percussions) et Rémy Decrouy (guitare, laptop) va interpréter.
Des mélodies subtilement interprétées au piano comme Wandering Dreams qui inciteront nombre de spectateurs à fermer les yeux pour mieux s’en imprégner. Une douce sérénité s’en échappe. Son jeu de piano évoque celui de Tori Amos quand celle-ci n’est pas habitée par les démons.

Celle qui est habitée ce soir, c’est Marion. Elle crie à la rédemption sur Xanadu, elle réussit l’exploit de danser le tango tout en restant les pieds cloués au sol tant son chant est expressif. Elle est (presque) aussi sensuelle qu’Audrey Hepburn dans Diamants Sur Canapé mais bien meilleure interprète de la merveilleuse Moon River. Elle est parfaite sur Rythm A Ning, lorsque Perrine nous fait enfin face, délaissant le temps d’un titre son piano pour son Korg.

Jean-Luc Difraya, assis sur son cajón, le tapote de la main gauche et baguette ses autres percussions de la droite. La moindre parcelle de son visage semble concernée par son jeu. Rémy Decrouy, lui, ajoute sa guitare ou sample des sons. L’un d’entre eux a fait râler ma voisine qui cherchait partout le malotru qui avait oublié d’éteindre son portable…

La reprise de Smile (Chaplin / Nat King Cole) clôturera en beauté cette belle découverte. Les quatre étoiles de la soirée sont déjà assurées.
Ca tombe bien car voilà le set que je redoute le plus :

Pour ceux qui l’ignoreraient encore, 2010 est l’année Django Reinhardt (centenaire de sa naissance). Ce projet-là, quinze jours après celui de Bireli Lagrène au Festival Jazz Des Cinq Continents est un hommage encore plus fidèle. Le producteur prend la parole : "beaucoup de groupes jouent des titres d’autres compositeurs "à la manière de Django Reinhardt", je ne sais pas si c’est à encourager ou à déplorer". On a compris le message, il le déplore. Ce jazz-là, je ne l’écoute plus, je m’en suis lassé. Mais le slogan de l’AJMi, "la meilleure façon d’écouter du jazz, c’est d’en voir" trouvera pour moi sa signification ce soir.
Car la vision des mains du maestro Raphaël Faÿs et de ses deux acolytes Steeve Laffont et Yorgui Loeffler sur le manche respectif de leur guitare est un réel plaisir.
Il fait froid mais leurs doigts ne sont pas gourds !
Rudy Rabuffetti va faire la pompe pendant une heure et demie. Il n’en semble pas frustré, bien au contraire, tout comme le contrebassiste dont le maestro ne se souvient pas du nom lorsqu’il s'agit de le présenter.

Les titres se succèdent, les prouesses avec : Swing Guitars et Webster (composés avec Stéphane Grappelli), Artillerie Lourde, Blues En mineur, I’ll See You In My Dreams (Raphaël Faÿs en solo), Valse A Django, Minor Swing…
Danse Nuptiale a dû donner des idées à une spectatrice aux formes généreuses. Elle a jeté son dévolu sur Yorgui et s’avance vers la scène pour lui faire une danse d’approche.
Seul Bolero a tranché avec le reste du répertoire, un peu trop linéaire à mon goût.

2010 est donc l’année Django Reinhardt. Je préférais 2009. C’était l’année Billie Holiday (cinquantenaire de sa mort). Justement l’hommage qui suit lui est adressé. Je l’avais apprécié à Marseille, à la Maison du Chant : Laure Donnat est au chant, Lilian Bencini à la contrebasse.
Je préfère rester sur cette prestation-là. Les conditions n’étaient pas idéales pour eux ce soir :
- Ils n’ont pas eu le temps de faire des balances à cause de la pluie. Conséquence, retour pas au point, trop de réverbe ;
- Le froid est devenu carrément glacial ;
- Leur déception devait être grande de voir les nombreux amateurs de jazz manouche (plus forte affluence de la semaine) déserter en masse pour ne finalement jouer que devant une trentaine de spectateurs ;
- Le matériel s’y est mis : pédale à boucles de Lilian récalcitrante…

Tous ces paramètres ont notamment perturbé les scats, si scotchants voilà dix mois. Les plus belles réussites furent My Man et sa belle fin à l’archet, l’adaptation d’une folle originalité de Strange Fruit et Don’t Explain (pourtant le titre où Lilian n’a pu sampler mais son plan B fut judicieux).
C’est toujours un plaisir de se replonger dans le riche répertoire de celle que Lester Young surnomma Lady Day. Vivement 2015. Ce sera à nouveau l’année Billie Holiday (centenaire de sa naissance).
Setlist : Trav’lin’ Light / My Man / Good Morning Heartache / Lady Sings The Blues / Strange Fruit / I Want To Die Easy, When I Die / I Have A Dream / What A Little Moonlight Can Do / Body & Soul / Don’t Explain / God Bless The Child
Rappel : Gloomy Sunday.
Signature : mcyavellle 19/08/2010
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Photographe : mcyavell
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le 4 octobre 2009 - La Maison du Chant - Marseille (par Mcyavell)


le 21 janvier 2012 - Station Alexandre - Marseille (par Pirlouiiiit)


le 19 juin 2011 - Kiosque Léon Blum - Marseille (par Pirlouiiiit)

le 5 avril 2011 - Le Grand Théâtre - Aix-en-Provence (par Mardal)


le 28 juillet 2010 - Eglise Haute - Banon (par Mcyavell)


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le 13 août 2010 - Château de la Tour d'Aigues (par Mcyavell)


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Château de la Tour d'Aigues


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