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|  | Cat Power and The Memphis Rhythm Band + Franz Ferdinand + Katerine + Mogwai + Stuart A. Staples + Why ? + Islands + Calexico + TV On The Radio + Belle And Sebastian + The Spinto Band + Grizzly Bear + Isobel Campbell & Eugene Kelly + Band Of Horses + Howling Bells + Liars + The Pipettes + You Say Party ! We say Die ! (La Route du Rock 2006) - 11, 12, 13 août 2006 - Fort de Saint-Père et Palais du Grand Large, Saint-Malo 
Encore une édition réussie pour la Route du Rock... Après le succès retentissant de l'année dernière (où tous les records d'affluence avaient été battus, grâce à la venue de The Cure), 2006 .../...
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Encore une édition réussie pour la Route du Rock… Après le succès retentissant de l’année dernière (où tous les records d’affluence avaient été battus, grâce à la venue de The Cure), 2006 restera comme un bon cru au niveau fréquentation (21000 personnes sur les trois jours), et un excellent millésime en ce qui concerne la programmation, le gros point fort du festival malouin. C’est en effet ce "petit détail" qui fidélise le public avide de découvertes électro pop rock ; et donne envie de revenir tous les ans assister à des concerts dans le magnifique cadre naturel que représente Saint-Malo et sa région. On se déplace donc surtout pour voir en live des groupes peu connus et prometteurs sur un site superbe, mais pas forcément, comme le font certains, pour participer au défilé de mode des jeunes parisiens pseudo branchés, avec mèche presque rebelle et uniforme conforme à la collection printemps/été 2006 prônée par les revues à la mode. La collection été de la Route du Rock 2006 a, quant à elle, tenu la plupart de ses (jolies) promesses, permettant de passer trois jours très agréables au fort de Saint-Père (malgré un temps frais) et au Palais du Grand Large…

Vendredi 11 août 2006 :
Howling Bells : jeunes pousses prometteuses…
C’est le groupe Howling Bells et sa charmante chanteuse Juanita Stein qui donnent le top départ pour les festivités musicales dans le Fort de Saint-Père, devant un public arrivant tranquillement mais sûrement… Joli lancement pour cette Route du Rock 2006 : des morceaux qui tiennent plutôt bien la route, de bonnes idées d’arrangements - entre pop revêche et rock lacéré d’électricité -, une voix marquante. Sans crier au génie après la courte prestation de ces jeunes pousses prometteuses, on peut néanmoins dire qu’Howling Bells mérite une écoute attentive de son premier album.

Why ? : du grand art !
Juste après, Why ? casse la baraque en formule trio hip pop/rock avec des titres très marquants, des musiciens doués (mais sobres) et un chanteur aussi charismatique que surprenant et impressionnant. Impressionnant, c’est le mot qui colle le plus à la prestation de Why ? sur la grande scène de la Route du Rock ; il est véritablement bluffant d’observer la diversité des ambiances abordées, les multiples textures de voix utilisées, et la variété des sonorités de guitares, de claviers et de batterie/xylophone mélangées pour créer des morceaux étourdissants. Rapidement, la troublante impression d’assister à une prestation du groupe The National en formation hip rock fait son apparition dans notre cerveau. Celui-ci est mis en ébullition par tant de virtuosité (entièrement au service des morceaux) et tant d’idées parfaitement intégrées au processus de création… La voix de – en tous points remarquable – peut se faire grave et profonde comme celle de Matt Berninger (le plus sérieux prétendant pour succéder à Stuart Staples sur le trône de king of crooner pop mélancolique), avant de devenir une sorte de mitraillette à mots sur le titre suivant. Tout simplement du grand art, ce grand écart réalisé sans filet sur scène, par la première grande révélation scénique malouine de l’été 2006…

Islands : un cocktail régénérant et étourdissant.
Grand moment également que le concert des Canadiens débridés, bigarrés et gravement farfelus de Islands… Devant un public plus réceptif qu’aux Eurockéennes de Belfort, et dans une forme olympique, la blanche troupe de musiciens a réussi à faire atteindre le Nirvana avec son cocktail régénérant à base de pop très fraîche, de rock bizarre, de funk torride, de hip hop décalé, de musique classique, entre autres. Ce mélange savamment orchestré propulse l’auditeur dans une décoiffante séance de montagnes russes qui semble ne jamais devoir s’arrêter (c’est en tout cas, ce qu’on souhaite ardemment !) : les guitares, le saxophone, les chœurs, la voix du chanteur, la section de cordes, la basse, les claviers se lancent dans une valse effrénée où les styles se suivent et ne se ressemblent pas au cours du même morceau. Miracle ou talent incroyable (les deux sans doute), ce n’est jamais le bazar ; la musique épicée et très changeante d’Islands garde une cohérence incroyable en toute occasion, laissant le spectateur ravi et étourdi. Cerise sur le gâteau, le chanteur de Why ? vient faire un petit featuring rappé pour conclure un set d’anthologie…
Calexico : une chaleur bienvenue.
Malgré les critiques essuyées à cause de son virage pop rock sur le dernier album, Calexico reste un groupe pertinent sur disque et sur scène, un terrain de jeu où il a toujours été très à l’aise. En cette soirée un peu fraîche, au fort de Saint-Père, Joey Burns, John Convertino et leurs acolytes pas exactement maladroits avec leurs instruments ont apporté une chaleur bienvenue au festivalier… En alternant les (très bons) morceaux pop rock issus du dernier opus et les pépites Americana/Country Folk Mariachi plus anciennes, Calexico a encore plus séduit qu’au dernier Printemps de Bourges (où sa prestation était pourtant déjà excellente), grâce à une énergie et une joie de jouer sans failles. Les petits plus étant la reprise de Love (Alone again or dédicacée de manière touchante à Arthur Lee, récemment passé de vie à trépas), et la version inattendue de La chanson de Prévert de Serge Gainsbourg, jouée en duo avec une chanteuse à la voix émouvante. A la fin du concert, on a encore une fois très envie de crier à qui veut bien l’entendre : « Viva Calexico ! »

Mogwai : la bande son idéale pour laisser divaguer ses pensées
Ce n’est pas la prestation - absolument superbe - de Mogwai qui va nous faire redescendre de notre petit nuage… Toujours aussi peu causant, mais une fois de plus très en forme au niveau du son et de la set list (comme à la Coopérative de Mai cette année), les Ecossais fans de Zinédine Zidane (dont le dernier geste technique administré à un Italien violent et grossier n’a fait que renforcer notre admiration pour lui, au même titre que le très joli Kung fu de Cantona sur un néo nazi anglais l’avait fait en son temps) ont fait étalage de leur science pour faire voyager en apesanteur et planer leur public… Guitares adeptes du grand écart sonique, claviers vrillants, voix (vocodérisées ou non) saisissantes, rythmiques envoûtantes : ne cherchez plus la bande son idéale pour laisser divaguer vos pensées. Grâce à Mogwai et à ses morceaux passant d’arpèges cristallins à de violents ouragans de distorsion, le fort de Saint-Père se transforme en vaisseau fantôme naviguant sur une mer aussi attirante que terrifiante : entre deux périodes de calme plat idyllique, les bourrasques se succèdent et emportent tout sur leur passage. Tout cela laisse le festivalier complément rincé, lessivé par tant de changements d’humeur, mais ravi par la qualité du voyage intérieur effectué.

Liars : un maelström sonore aussi difficilement supportable que véritablement prenant.
C’est la plus fameuse bande de « menteurs » du rock actuel - Liars - qui est chargé d’achever (le terme n’est pas choisi au hasard) les derniers survivants encore sensibles à l’expérimentation après 2h30 du matin… Le trio, récent auteur d’un album aussi ardu qu’osé et riche (l’ébouriffant Drums not dead), se lance immédiatement dans son jeu favori : l’érection d’une cathédrale de bruit, à l’aide de murs du sons hallucinants de violence et de d’inventivité. Angus Hemphill vocifère comme un damné en bougeant sa grande carcasse comme un fou furieux, mais il n’oublie pas pour autant d’infliger un traitement de choc à sa guitare, visiblement accordée par un disciple de Syd Barrett dernière période. Pour soutenir ce raffut démoniaque, un duo batteur percussionniste/guitariste déstructure au delà du soutenable (s’il était besoin) un rythme expérimentalo tribal. Le résultat est un maelström sonore aussi difficilement supportable que véritablement prenant. On aimerait être dans le même état d’esprit que les musiciens, ou avoir pris autant de produits hallucinogènes, mais malgré tous les efforts faits pour lutter contre la fatigue qui nous gagne, on cède au bout de 25 minutes, aussi content d’avoir assisté à pareille messe noire sonique que soulagé de s’en éloigner… Après une telle soirée d’ouverture, la nuit promet d’être aussi belle qu’agitée au camping du festival…
Samedi 12 août 2006 :
Stuart A. Staples : littéralement habité par ses chansons.
Saint-Malo, Palais du Grand Large (un théâtre cosy avec places assises), 17h30, Stuart A. Staples apparaît sur scène avec ses musiciens (dont deux Tindersticks aux claviers et à la guitare électrique), et c’est parti pour un moment magique… Comment pourrait-il en être autrement quand on passe un peu plus d’une heure en compagnie d’un songwriter brillant chantant ses morceaux folk pop rock avec une voix gravement troublante ? Sans chercher à innover ou à inventer un nouveau style musical, Stuart Staples écrit des chansons d’une superbe sobriété et les habille de très peu de choses : sa guitare sèche, un orgue, une basse/contrebasse, une batterie et quelques notes de guitare électrique. Et ça suffit amplement pour mettre en valeur la voix du monsieur, toujours aussi remarquable de profondeur et incroyablement gorgée de vécu. Car Mr Staples semble littéralement habité par ses chansons ; il a réellement l’air de les vivre quand il les chante les yeux mi-clos ou fermés, grimaçant pour atteindre la note qui retranscrira ses émotions. C’est donc cloué au fauteuil, et passablement ému qu’on accueille ce torrent de sentiments torturés mis en musique. Après une (superbe) reprise de Townes Van Zandt, une ou deux autres perles, et c’est déjà la fin. Il faut déjà quitter les lieux pour regagner le fort Saint-Père, mais on serait bien resté encore une heure, pour prolonger ces instants précieux…

You Say Party ! We Say Die ! : déjà vu, mais percutant et rafraîchissant…
Quand nous atteignons le site du festival, le premier groupe programmé a déjà commencé son travail de sape sur un auditoire électrisé par tant d’énergie brute. Sur scène, les furies post punk/riot boys and girls de You Say Party We Say Die ! s’en donnent à cœur joie : cris hystériques, larsens, distorsion, sonorités décalées… En quelque sorte, une potion magique pour rendre dingo, se rouler par terre en poussant des cris de marsupilami sous acide. On a déjà vu ça plusieurs fois, certes, mais le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est sacrément percutant et rafraîchissant. A signaler aux éventuels imprudents : n’essayer pas de manger un kebab frites en assistant à un concert survolté de ces hurluberlus, à force de gesticuler de manière incontrôlée, vous pourriez finir la soirée avec un t-shirt maculé de ketchup et autres produits indigestes et salissants.

The Pipettes : un peu moins convaincantes que prévu.
Suite à l’écoute répétée de leur premier album, on se faisait une joie de rencontrer l’univers des Pipettes sur scène. Légère déception : malgré leurs côtés frais, enthousiaste et farfelu, les trois jeunes femmes sont un peu moins convaincantes que prévu. La faute au groupe – masculin – assez quelconque qui les accompagne, et aux atours plutôt communs de certaines chansons sans les arrangements présents sur le disque… Ceci dit, de nombreux morceaux emportent l’adhésion grâce à leurs qualités franchement tubesques : mélodies sucrés, voix douces et/ou aguicheuses, textes de chipie aimant collectionner les aventures, univers pop sixties remuant et sexy, multiples facéties drolatiques… Malgré les défauts évoqués plus haut, on passe quand même un bon moment avec ces trois filles pétillantes se produisant sous la lumière vive du soleil couchant. A revoir dans quelques temps donc…

Belle and Sebastian : un délicieux moment…
Fort de son très bon dernier opus, Belle And Sebastian a repris la route avec une joie non dissimulée, si l’on en juge par la prestation particulièrement enlevée et débridée donnée par les Ecossais lors de la Route du rock 2006. Toujours irrésistiblement kitsch dans son petit polo très près du corps, Stuart Murdoch semble absolument ravi de chanter, de cabotiner, de danser ou d’exécuter quelques acrobaties dignes d’un entertainer professionnel (danses communicatives, multiples sauts sur l’avancée de scène, plaisanteries, etc). Plus sobre, son acolyte Stevie Jackson illumine les morceaux avec ses chœurs et sa guitare, avant de chanter joliment ses titres. Comme les autres musiciens semblent eux aussi s’éclater en jouant les morceaux bien écrits de Belle and Sebastian (qu’ils soient extraits de la première période, intimiste, du groupe, ou issus des derniers albums, plus luxuriants et produits), tout le monde – sur scène et dans le public – semble passer un délicieux moment. Normal, la musique du groupe de folk pop de Glasgow a toujours la très grande vertu de rendre heureux…

Cat Power and The Memphis Rhythm Band : tout simplement divin !
Véritablement hanté par le dernier album de Cat Power, le formidable The Greatest, la venue à Saint-Malo de la très brillante songwriter avec son groupe de soul justifiait à elle seule notre présence en Bretagne à la mi août. Si l’on excepte les deux premiers morceaux instrumentaux (trop longs, avec des solos trop démonstratifs) joués en l’absence de Chan Marshall sur scène, le concert fut tout simplement divin… Dès que Chan arrive sur scène pour chanter l’inépuisable chanson The Greatest (on s’est récemment surpris à essayer de la jouer à la guitare dans le noir, avec le disque en fond, la touche replay enfoncée… ), des frissons de bonheur et d’émotion parcourent tout le corps. Non contente d’être belle à se damner (amaigrie, avec une nouvelle coiffure très réussie), mademoiselle Marshall chante ses morceaux folk soul pop avec une voix cassée totalement irrésistible. On donnerait tout pour assister à toute la tournée, balances comprises… Mais il faut se « contenter » de ce seul et unique concert malouin, où le groupe The Memphis Rhythm Band supporte avec maestria et classe les chansons magistrales et la voix sidérante de Cat Power. Les chœurs noirs, les cordes, les guitares, la rythmique : tout est impeccablement en place et digne de la grande tradition des disques d’Al Green, Booker T. And The Mg’s, Stax Records et Hi records. On en a la chair de poule… Puis, quand le groupe laisse la place pour une partie solo au piano et à la guitare, on a très envie de pleurer de bonheur ! Fasciné par la présence magnétique de cette chanteuse d’exception, à peine a-t-on l’occasion de remarquer un petit bonhomme discret juste à côté de nous. C’est Stuart Murdoch, visiblement sous le charme lui aussi. S’en suivent des reprises renversantes de Hit the road Jack et de House of the rising sun, puis un sautillant morceau interprété par le guitariste du groupe annonçant un final majestueux. On aurait aimé plus de sobriété dans la présentation du groupe (la choriste hurlant trop souvent « Cat Power ! » en faisait trop), mais à part ce petit détail, ce concert est entré immédiatement dans notre panthéon personnel.

TV On The Radio : une véritable tornade sonique (avec quelques superbes accalmies planantes).
Rude tâche que de passer après la déferlante Cat Power, et pourtant, malgré l’heure tardive, le froid qui commence à se faire saisissant, le groupe new-yorkais TV On The Radio a fait une très forte impression. La recette chant soul rock hystérique + guitares en fusion + rythmiques implacables + inspiration versatile fonctionne à plein régime ; c’est une véritable tornade sonique (avec quelques superbes accalmies planantes) qui s’abat sur le public, complètement parti dans l’univers onirique du groupe. Si le deuxième album avait semblé de prime abord moins marquant que le premier effort discographique de TV On The Radio, la version scénique des nouveaux morceaux s’avère joliment convaincante. Même si le morceau Staring at the sun reste toujours au-dessus du lot… On se souviendra longtemps des odes soniques au bruit noir et blanc ourdies par des guitaristes tour à tour impassibles ou survoltés, un chanteur diaboliquement hystérique, un batteur hallucinant et un bassiste/clavier imparable. C’est avec en tête les enchevêtrements de guitares hallucinogènes de TV On The Radio qu’on s’endort, après une nouvelle soirée très réussie.

Dimanche 13 août 2006 :
Isobel Campbell & Eugene Kelly : encore un agréable moment passé au Palais du Grand Large.
Malgré l’absence de Mark Lanegan à ses côtés, l’ex belle And Sebastian Isobel Campbell a réussi à présenter de manière attractive son dernier opus, l’excellent Ballad of the broken seas. L’apport vocal et guitaristique du chanteur des mythiques Vaselines, Eugene Kelly a permis de pallier la défection du vocaliste sombre et torturé des Screaming Trees et des Queens Of The Stone Age. Dans un style différent, avec une voix moins grave et moins impressionnante, Kelly a réussi a secondé sa partenaire de tournée, en apportant sa touche personnelle avec une jolie reprise de Son of a gun (un incunable des Vaselines repris en son temps par un fan du nom de Kurt Cobain avec son groupe Nirvana, à l’instar de Jesus doesn’t want me for a sunbeam et Molly’s lips)… Bien accompagnée, et chantant d’une voix douce et fluette toujours aussi sexy, la belle et callipyge Isobel a proposé une belle démonstration de ses possibilités de songwriter et d’interprète (chant, guitare, violoncelle, tambourin). Les cordes samplées auraient sans doute été avantageusement remplacées par un vrai quatuor à cordes, mais avec les moyens du moment, ce concert folk pop sobre et émouvant fut un agréable moment passé au Palais du Grand Large, un de plus !
Grizzly Bear : une très belle découverte que ce miraculeux tourbillon sonique !
Juste le temps de regagner le plus rapidement possible le fort de Saint-Père, que le groupe Grizzly Bear arrive déjà sur scène, appelé qu’il a été pour suppléer les Television Personalities, injoignables… Et là, c’est la très très bonne surprise : un groupe audacieux réussissant à installer des atmosphères réellement envoûtantes avec des morceaux méchamment trippants. La grande classe quoi ! La musique psyché folk pop de Grizzly Bear évoque un miraculeux tourbillon sonique dans lequel les influences de Brian Wilson, Paul McCartney, Jeff Buckley, Neil Young, Brian Jones et Syd Barrett interagissent entre elles pour former un résultat aussi abouti que captivant. Les voix angéliques des deux chanteurs, leurs parties de guitares (ou de mandoline bizarroïde) enchanteresses, les interventions surprenantes d’un alien musicien à la flûte : chaque détail contribue à envoyer l’assistance au septième ciel dès les premiers instants du show. Une très belle découverte !

The Spinto Band : au niveau des tout meilleurs.
Toujours d’une incroyable fraîcheur, les petits jeunes de The Spinto Band ont enchanté le public de la Route du Rock avec leur musique énergique, joyeuse et survoltée. Dès leur arrivée sur scène, les Américains ultra doués pour trousser des pop songs nerveuses et racées cassent la baraque en emmenant leur auditoire dans une folle sarabande débridée. Comme au Printemps de Bourges plus tôt dans l’année, The Spinto Band enchaîne les tubes euphorisants (extraits de l'excellent album Nice and nicely done), en dégageant une très communicative joie de vivre et de jouer sur scène. Si ces musiciens-là s’emmerdent sur scène, ils le cachent vraiment très bien : on a l’impression d’avoir en face de soi une bande de débutants enthousiasmés à l’idée de se produire en live. Sauf que les chansons qu’ils composent les placent d’emblée au niveau des tout meilleurs ; on pense à Arcade Fire et à Clap Your Hands Say Yeah. En plus, les nouveaux titres semblent eux aussi appelés à devenir des classiques, au même titre que leur génialissime Oh mandy… Inutile de dire qu'on attend la suite avec une grande impatience !


Katerine : totaaaaaaaaaaalement Craaaaaaaaaazy !!!!!!!
Philippe Katerine est un authentique malade, ceux qui ont eu le privilège de voir son film Peau de cochon et ses prestations live en sont pleinement convaincus. Et, forcément, à La Route du Rock, il a encore une fois enflammé la scène en racontant sa (notre) vie sur un mode décalé et hilarant. Résultat ? Un public rendu complètement dingue par cet homme étrange, torse nu avec une peinture bleue représentant Jésus (signée par un peintre nommé Stéphane Louvain, excellent guitariste de son état !) et en slip kangourou pendant tout le show. Et oui, pour singer Philippe qui hurlera au cours du show « Nous sommes tous des Jésus, nous sommes tous des Judas ! » : on pourrait dire que quand ce monsieur ayant un sens aigu du ridicule (cette coupe de cheveux, cette voix volontairement maniérée, ce slip…) est sur scène, on est tous des Philippe Katerine. Même sur une jambe, on se met à sauter en l'air en racontant n'importe quoi : on devient très vite aussi zinzin que lui, la folie de Katerine semble être très contagieuse ! La propagation du virus a réellement l'air de se faire à grande échelle, voici un petit exemple - recueilli après le concert - de l'effet que font les shows de Katerine sur la gent féminine... Un homme marié nous raconte le calvaire qu’il a vécu, alors que, « tranquillement » posté au deuxième rang, une jeune personne déguisée en Britney Spears se frottait complaisamment à lui (et à tous les hommes, par la même occasion) pendant tout le set, en jetant des coups d’oeil de biche pas si effarouchée que ça… Après ce récit éprouvant d’un coup de chaleur subi par une innocente et pure jeune fille au contact des chansons de Katerine, une violente envie de chanter Baby one more time, Oops !... I did it again ou (You drive me) Crazyyyy nous envahit. Une envie vite oubliée, quand on se remémore les tubes admirablement couinés par Katerine, et violemment mis en musique par son impeccable groupe, aux limites du punk rock hystérique. Grâce à la peinture qu’il arbore fièrement sur son torse, le Vendéen totalement crazy déclare pouvoir multiplier les bières… et les döner Kebab (quelle chance incroyable !) ; mais, en fait, il multiplie surtout les chansons imparables, drôles et survoltées extraites de Robots après tout, ou non, 100% VIP, Excuse-moi, Louxor j’adore, Je vous emmerde, Qu’est ce qu’il a dit ?, Patati patata ! etc.

Les Malouins et les Malouines sont aux anges, ils n’ont pas du tout envie de hurler les « Ras le bol, ras le bol, ras le bol !!! » que leur réclame Katerine, mais tout le monde s’exécute puisque la soirée est partie pour dérailler. C’est donc à un concert de « Ras le bol » sur tous les tons (du plus aigu au plus grave) auquel on participe pendant 5 minutes. Et oui, Katerine est un véritable chanteur engagé, qui sait faire passer un message pertinent à son public ! Mais il va se rattraper au cours du concert… Quand quelqu’un lui tend un drapeau du Conseil Général de Vendée, il se met à hurler « c’est quoi cette cochonnerie ? », avant de demander un briquet pour brûler ce signe ostentatoire de Philippedevillerisme, une maladie proche de la Lepenite aigue. Un plaie qui sera abordée dans le terrifiant et désormais traditionnel morceau Le 20. 04 . 2005 avec ses jubilatoires « Putain, Marine Le Pen ! putain, Marine Le Pen ! » Souhaitons que les cris d’effroi du public aient atteint La Trinité Sur Mer, lieu de résidence de l’extrémiste borgne.

Après la séquence « politique », tout se finit en slip vert pale moulant, en sous pull en lycra rose et avec des perruques blondes pour les acolytes de M. Katerine, toujours très à l’aise quasiment à poil, quant à lui, au moment d’entonner le réjouissant Louxor j’adore, étiré au maximum (avant d’être repris à la fin), puis enchaîné avec Je vous emmerde. A la fin du concert, tout le monde semble ravi d’avoir passé un moment d’anthologie avec une grande quantité d’Etres humains arborant de larges sourires. En dénonçant les travers de notre société avec une acuité et un humour rares, Katerine nous fait prendre conscience de notre (parfois) triste condition d’humains. Au lieu d’essayer de chercher à péter plus haut que son cul, comme certaines stars de la chanson, il se fait fort de nous rappeler qu’« on a tous un anu » (sic), geste à l'appui... Une bien belle leçon de choses !

Franz Ferdinand : une kyrielle de tubes dansants, un sex appeal irrésistible… et quelques surprises.
Quelques minutes après la tornade Katerine, ce sont les Ecossais de Franz Ferdinand qui déboulent sur scène, avec leur kyrielle de tubes dansants, leur sex appeal irrésistible… et quelques surprises. Le show du groupe du très craquant Alex Kapranos est toujours aussi carré ; le répertoire du combo rock est, quant à lui, plus que jamais composé de hit singles influencés par les Beatles, les Talking Heads, Gang Of Four ou encore Bob Dylan (sur les morceaux les plus folk). Inutile de chercher une faille dans la machine de scène Franz Ferdinand : tout est très accrocheur et bien huilé (Kapranos répéte très souvent « Saint-Malo, La Route du Rock ! », en grand professionnel de l’entertainement). Peut-être un peu trop, c’est un des seuls reproches que l’on puisse faire… Car à part cela, la prestation des protégés du label Domino donne une irrépressible envie de danser, de passer du bon temps et de reprendre en chœur toutes les paroles. Ce dont le public de la Route du Rock ne se prive absolument pas…

Chose agréable, on observe même quelques changements par rapport aux concerts précédents ; la présence d’un musiciens additionnel aux claviers, le changement de poste du batteur sur un titre (il passe à la guitare), un plus grand nombre de morceaux joués à la guitare sèche par Kapranos et un joli final avec un titre interprété avec trois batteurs. Cette cerise sur le gâteau, déjà copieux avec Do you want to, Take me out, Walk away, Jacqueline, Come on home, Darts of Pleasure, fait office de dernière flèche de plaisir achevant de convaincre les plus réticents.

Band of Horses : de belles promesses dans les morceaux épiques et orageux de cette bande de chevaux sacrément racés.
Difficile de prendre la suite, tard dans la soirée, quand on est un jeune groupe… Le son effroyable des premiers morceaux de Band of Horses n’arrangeant rien à l’affaire, plutôt mal engagée. Et ce, même si l’on décèle de belles promesses dans les morceaux épiques et orageux de cette bande de chevaux sacrément racés. Puis, après, quelques réglages réclamés de manière pressante par le chanteur/organiste/guitariste, tout devient clair : ces gens-là savent écrire de bien belles chansons. Et ils les interprètent avec une foi et une puissance tout à fait digne de louanges. Ces guitares et ces ambiances à la Sparklehorse, cette voix sur le fil du rasoir façon Grandaddy (d’autres grands fans de Neil Young & Crazy Horse, encore une histoire de cheval), et l’alternance d’arpéges déchirants et de déluges de distorsion finissent par rendre très prenant le (trop court) set de Band of Horses… Un groupe qu’on reverra avec grand plaisir sur scène.
C’est avec le même plaisir qu’on reviendra passer un week-end (voire plus si affinités) à Saint-Malo l’année prochaine, tant la programmation a comblé nos attentes en matière de découvertes et de têtes d’affiche pop rock indé. « Pop is not dead » proclamait l’affiche du festival, et au vu des trois jours de la Route du Rock 2006, il n’y a vraiment rien à redire !
Sites Internet : www.laroutedurock.com, www.myspace.com/laroutedurock.
Photos Simon G, www.myspace.com/hi_tekznologik Réagir à cette critique |
|  | Blonde Redhead + Svinkels + Belle & Sebastian + Amp Fiddler + The Rapture...(Eurocks 2004) - 4 Juillet 2004 - Presqu'ile de Malsaucy  Pour commencer cette troisième et dernière journée, les envoutants Blonde Redhead qu'on avait pu voir il y a quelques semaines seulement à Marseille. Concert assez similaire mais forcément plus court, .../...
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Pour commencer cette troisième et dernière journée, les envoutants Blonde Redhead qu'on avait pu voir il y a quelques semaines seulement à Marseille. Concert assez similaire mais forcément plus court, et heureusement servi par un son convenable. La majorité des titres joués venaient du récent "Misery is like a butterfly" c'était donc plutôt tranquille, idéal pour un début d'après midi, avec quand même un final nettement plus noisy, histoire de nous préparer à la suite.
Bonne surprise sur la grande scène avec les facétieux Svinkels dont les albums m'avaient plus amusé que convaincu mais qui, en live et devant des milliers de métalleux, ont largement tenu la route avec un show bien rodé et arrosé, car à l'instar des Cypress Hill qui ne rappent que sur la fumette, leur thème de prédilection c'est la bière. Sur un sample de "Every kinda people" ils balancent leur hilarant "Bois mes paroles" (et prend d'la bouteille) et des titres forts comme "Cereal killer", "Bons pour l'asile" ou "Plutot mourir". Une énergie communicative et un parti pris festif qui manque cruellement à beaucoup de groupes (suivez mon regard Iam), avec du gros distillé par l'excellent Dj Pone qui n'a pas été champion de France des dj pour rien. Un très bon moment cloturé par le fendard "Je veux reveiller le punk" qui a provoqué d'impressionants pogos et un énorme nuage de poussière, qui autant que leurs chansons cons, donnait une putain de soif.
Vu quelques titres des Australiens Cat Empire sous le chapiteau. Sympa sans plus, ce qui était présenté comme de la fusion ressemblait hélàs un peu trop à nos groupes de ska festif, avec des cotés latinos voire zouk, c'était bien la peine de faire venir d'aussi loin un groupe qui joue la même musique que de trop nombreux groupes de chez nous, ça dansait bien mais bon on s'attendait à quelque chose de plus exotique.
Pas de méprise en ce qui concerne Amp Fiddler sur la Plage, c'est de la musique black dans toute sa splendeur, puisant dans le meilleur de la soul avec claviers groovy et basses funky. Il manque néanmoins un grain de folie à ce musicien habitué aux seconds roles (il a joué avec Prince, George Clinton etc) pour que ça décolle vraiment chez les non initiés. Les amateurs auront reconnu parmi les choristes la sublime Stephanie McKay des Brooklyn Funk Essential qui avait sorti l'an dernier un disque très sous estimé, les autres auront simplement dansé sur des titres chaloupés très agréables à écouter.
Sous le Chapiteau, on a rendez vous avec les trop rares Belle & Sebastian, invités surprise de cette programmation pour le moins contrastée puisque les frêles Ecossais jouaient un peu avant des poids lourds du gros rock us Slipknot et Korn, ce qui n'a pas manqué d'amuser le leader Stuart Murdoch qui se demandait s'il n'allait pas jouer des reprises de heavy metal. On aura surtout droit à des morrceaux du dernier album en date, comme l'enjoué "Step into my office", le guilleret "You don't send me" ou l'étonnant "Stay loose" et son interminable solo. Les fans de la première heure sont heureux de retrouver des classiques tels que "Seeing other people" ou "The boy with the arab strap" mais aussi quelques faces b raffraichissantes comme "Belle & Sebastian" et "The loneliness of the distant runner". Par rapport à leur concert de Benicassim en 2002, j'ai l'agréable impression qu'ils n'ont pas arreté de progresser et de s'assumer comme un groupe de pop grand angle majeur, loin de leurs timides débuts. La troupe s'est depuis aggrandie et accueille de bien charmantes violonistes et flutistes donc chaque apparition provoque un certain émoi chez certains. Tout le monde avait en tout cas l'air content d'être là, faisant monter des admiratrices sur scène et danser l'assistance sur le tubesque "Legal man", un régal.
Le dernier concert du festival en ce qui nous concerne, ce sera sur la plage avec les New Yorkais de The Rapture qui se devaient de se racheter de l'annulation de dernière minute l'an passé. On ne sait pas comment prendre leur déclaration en entrant sur scène : "Nous ne sommes pas Franz Ferdinand, nous sommes The Rapture". Blague perso ? Jalousie ? Toujours est il que ça nous rappelle que leur formidable album "Echoes" n'a rencontré en France qu'un succès critique tout relatif alors que celui des Ecossais est bien parti pour le disque d'or, avec une recette somme toute similaire, ce qui n'est à rien comprendre. Parenthèse fermée, on ne boude pas notre plaisir à découvrir en live les bombinettes electro punk qui nous ont tant fait danser depuis deux ans : du "Into the races and onto the tracks" d'ouverture à l'inusable "House of jealous lovers" de fin, en passant par les new waveux "Olio" ou "Sister saviour", et une poignée d'inédits, que du bonheur. Certes tout comme !!!, les deux chanteurs sont un peu juste, les ballades pas terrible mais il est diffcile de ne pas remuer sur leurs morceaux autant taillés pour les salles rock que pour les dancefloors. Une parfaite conclusion pour des Eurockéennes diversifiées et fortes en émotions, qui tant au niveau de la programmation que de l'organisation (mis à part le malheureux décalage des Scissor Sisters) mérite bien l'énorme engoument des festivaliers.
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|  | (mes) Eurockéennes de Belfort 2004 : Pixies, PJ Harvey, Franz Ferdinand, -M-, Placebo, Slipknot, Korn, Groove Armada, Buck 65, Alain Bashung, Daniel Darc... - 02-04 juillet 2004 - Presqu'Ile du Malsaucy, Evette-Salbert 
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Afficher 11 ans d'affilée aux Eurockéennes (boue-Kway-camping-navette-kronenbourg-kebab-tartiflette), j'en suis pas peu fier. Cela reste le plus grand Festival de rock de France, quand bien même les Vieilles Charrues lui font une ombre grandissante. Pas de pluie ou presque cette année : pas de boue, mais de la poussière (à la réflexion j'aime autant la boue).
NB : Les noms des groupes sont en gras pour permettre une lecture rapide car je suis vraiment très bavard...
Vendredi 2 Juillet 2004
Déjà une grosse affiche pour ce premier jour, pas pour rien que les pass 3 jours étaient épuisés depuis un bon mois !
Entendu de loin No One is Innocent, sensation fusion de mes 20 ans qui semble n'avoir pas pris une ride, en garant la voiture et en pestant ! Y'a vraiment trop de monde qui connait l'arrivée aux Eurocks par la porte de derrière de nos jours !
I AM, les seuls et uniques rappeurs que j'apprécie. Concert très pro, chaleureux, même sans être fan, ces gars-là sont bien en place, leur flow est impeccable si on les compare aux deux inaudibles pignoufs de NTM passés sur la même scène. Manifestement ils ont un vrai plaisir à être ensemble, même si la play-list pourrait s'adapter un peu à un public de festival (pas de Mia par exemple !).
Franz Ferdinand, le groupe pop dont le buzz qui l'entoure nous agace (voir la chronique de P.Andrieu), est pourtant bien à la hauteur de sa réputation. Rien de neuf sous le soleil : quatre gars motivés, qui font un rock archi-pêchu avec des compos d'enfer et un son nickel - c'est comme ça depuis les Beatles, tous ceux qui aiment le rock se font avoir à chaque fois !
Par ailleurs une interview sur Couleur 3 - la meilleure radio rock à l'ouest de Genève - m'a révélé que ces types savent d'où ils viennent et se prennent pas au sérieux. Chaudement recommmandé donc ! Pour moi le meilleur espoir masculin de cette édition, reste à négocier le passage délicat du deuxième album...

- M -, concert archi-pro, archi-carré, déco sympa et costume d'enfer, ce gars-là pourrait bien être le plus grand gratteux actuel en exercice. Un public conquis d'avance (dont certains on pu monter sur scène), une petite averse -la seule hélas- pour exciter tout le monde... Un très bon moment, avec peut-être un peu moins de folie que chez l'énergumène vu il y a quelques années sur ce qu'on appelait encore la scène C - pas non plus de gros délires comme sur son excellentissime live Le Tour de M, dommage.
!!! (Tchic tchic tchic) on pourrait copier-coller le paragraphe sur Franz Ferdinand, à la différence que je les soupçonne de se prendre davantage au sérieux et que leur buzz à eux monte encore en puissance, c'est assez indescriptible, quelque chose comme du post-punk déjanté new-yorkais, bien pêchu mais pas de quoi s'affoler non plus.

Et la grosse affiche de fin de journée, Placebo : Plus trace des trois gars en robe qui pétaient le feu il y a des années, ce groupe est manifestement à la fin d'un cycle - y'a cinq musicos à présent, c'est trop pro, trop lisse, ça manque de jus, de rigolade. Placebo en a dit beaucoup c'est vrai, mais Placebo a tout dit ! Fallait vraiment être fan pour ne pas se faire ch...
Samedi 3 juillet 2004
Sur le papier, la plus grosse journée ! A se demander comment tout voir. J'ai trouvé le truc : perdre tous ses amis au moment crucial, pour pouvoir se déplacer plus vite... Technique recommandée en cas de surcharge du programme.
Herman Düne and guest par excellence, le concert marrant : ces gens-là ont des tronches à hurler, on y reconnaitrait presque Mimie Mathie en rock-star crédible et un John Lennon anorexique - leur musique est à hurler aussi mais plutôt d'horreur. Enfin merci pour la rigolade !
Girls in Hawaï je passe ... pour moi ce groupe (lui aussi très hype) est comme le 'H' dans son nom - il ne sert à rien. Mais il parait que 'j'y connais rien en pop' et je ne veux pas me brouiller avec leurs fans : mes amis en sont ressortis saoûls, torse-nus et heureux, j'en conclus qu'il s'est passé quelque chose qui m'a échappé ! Merci pour eux en tout cas même s'ils ont fait moulon sur moi en sortant (j'ai failli y perdre une jambe).

Daniel Darc précédé d'une réputation élogieuse, le bonhomme est à la hauteur : mélodies superbes et textes ciselés, chantés avec une (petite) voix à la Gainsbourg. Les tatouages trahissent le vieux baroudeur qui en a ch... pour trouver l'âme soeur. Justement, reprise très sympa de 'Cherchez le Garçon', le tube de Taxi Girl, en version rock (vraie batterie, vraie guitare). Note pour plus tard : retourner l'écouter en salle !
Buck 65 and Band très bon set avec tout un groupe même si tout seul il s'en sortait déjà très bien l'an passé. Un de ces électrons libres ingénieux à la Beck ou JJ Johannson, qu'on peut trouver génial ou inécoutable. Label pinguinesque par excellence, je suis sûr qu'il va écrire là-dessus mieux que moi.

PJ Harvey : ou comment transformer 15 000 festivaliers (et peut-être aussi quelques festivalières) en loups de Tex Avery, la langue pendante ! Polly Jean, ta voix est sublime, ton jeu de guitare est sublime, ton rire quand un de tes musicos se trompe est sublime... tu ES sublime !

Enfin une tête d'affiche qui tient son rang : concert plein de chaleur et de communion, artiste qui explose de plaisir d'être en scène. Faut-il encore en plus préciser que le son était énormissime ? Merci PJ ! A la fin de ton concert je me suis dit : "ah p... je peux mourir, je l'ai enfin vue".

Pas de temps à perdre cependant, reparti au galop voir Alain Bashung, deuxième grosse claque d'affilée. Jamais vu avant, il m'a fait un effet pas possible. Il dégage une classe et une sensualité exceptionnelle, ses musiciens ont emporté avec eux l'ensemble du chapiteau, notamment lors d'un duo sublime avec Chloé, sa femme enceinte jusqu'aux dents et rayonnante. Il me semble d'ailleurs que le chapiteau a brièvement décollé de terre quand Monsieur Bashung a chanté "Madame Rêve".
Ce type-là est la Statue du Commandeur de la chanson française, les petits péteux qui se prennent au sérieux genre Biolay feraient bien de s'en souvenir ! Même des chanteurs plus reconnus type Miossec tiendraient mal la comparaison. A la fin du concert je me suis dit : " ah p... je peux vraiment mourir, je l'ai enfin vu, lui aussi".

Et encore au pas de course, parti rejoindre les Pixies (quelle journée, un enfer, même pas le temps de boire une bière !). Comme dirait le Mystic Punk Penguin, le 'plus beau juke-box du monde' : leurs chansons, jouées à la note près comme sur Death to the Pixies (leur dernier live officiel), ont ravi leurs fans (voir aussi P.Andrieu). Là-aussi ça manquait un peu de folie, et de plaisir de se reformer peut-être est-ce intérieur chez eux, ou sont-ils devenus trop gros pour se bouger les fesses !).
Mais ce qui les a sauvés, ben c'est que c'est ... les Pixies nom de Zeus ! Le groupe mythique que personne ne pensait plus jamais revoir, qu'on avait passé par pertes et profits sur la liste des groupes pas vus/disparus. Et avec un son absolument nickel,les hurlements extraordinaires de ...Black Francis nous ont renvoyés direct à la case adolescence difficile. Un énorme pied donc, malgré tout, devinez ce que je me suis dit à la fin de leur concert ?
Dimanche 4 juillet 2004
Après deux jours comme ça, et au moins trois concerts énormes vus la veille, le reste n'était plus que du bonus. Même si cette dernière journée était sur la thématique thrash-qui-tache avec les très attendus Slipknot et Korn.
Le Peuple de l'Herbe : il y a quelques années c'était presque de la techno, maintenant c'est complètement hip hop. J'aime moins, disons que ca s'écoute bien assis dans l'herbe avec une bière pour se remettre de la veille et écouler ses jetons Kronenbourg !
Belle and Sebastian : typiquement le groupe de pop anglais en l'occurence écossaise) à trois guitares qui emm... le monde entier, à part quelques lecteurs des Inrockuptibles. De toutes façons ils n'étaient pas prévus à la base, ils ont du venir là parce qu'on voulait bien d'eux. C'est un peu sévère certes mais ça m'a vraiment gonflé (y'avait pas foule d'ailleurs).

Slipknot visiblement LE groupe à voir avant de mourir (vomir ?) pour un bon quart des festivaliers qui ont tous acheté le T-shirt ! En effet un grand spectacle : une dizaine de gars superbement déguisés (genre Texas Chainsaw Massacre vs Night of the Living Dead), qui font un trash hardcore de bonne facture. Le son était pas mal (cad qu'on entendait presque tout le monde), les 3 percus déchiraient pas mal du slip (un petit côté Sepultura époque Roots), rien à redire, c'est pas mon style préféré mais ça tient bien la route !
C'est à ce moment-là qu'on a découvert l'effet secondaire d'une trop belle météo à Belfort : chaque début de morceau déclenchant une 'légère' agitation du public, un nuage de poussière rouge cachait la scène pendant deux minutes ! Finalement patauger dans la boue a aussi un certain charme et au moins on voit bien !
Groove Armada : une très bonne surprise pour se remettre ! Un groupe qui groove en effet gravement bien, un son irrémédiablement dansant quelle que soit la fatigue. Quelque chose comme du dance-rock, avec une chanteuse superbe, on pense aux Chemical Brothers ou à Fat Boy slim. Ils nous ont scotché au plafond du Chapiteau jusqu'à que retentisse l'appel de la Korn de brume (ach cheu de mot !).
Korn : peut-être les plus attendus à ce festival (si on en croit la densité de T-shirt à leur effigie, ex-aequo avec Slipknot), les grands précurseurs du neo-metal nous ont fait l'honneur de leur
présence. Avec les mêmes symptômes déjà décrits : gros bruits, gros pogos, grosses poussière soulevée, grosse toux et glaviots rouges pour tout le monde !
Une reprise pas désagréable (mais décevant solo de guitare à la note près) de Another Brick in the Wall, et un petit passage de One de Metallica m'ont réjoui les oreilles.
Malgré une très bonne prestation d'après les fans, force est de reconnaître que le son était moins bien réglé que Slipknot. Un comble : me faire mettre les bouchons d'oreille après trois jours de festival ! Il faut reconnaître que ça donnait quand même envie de réécouter sur album. Bonne chose de faite (ce qui est cool avec le trash c'est que c'est agréable aussi quand ça s'arrête !)
Les fans de nu-metal peuvent donc eux aussi mourir heureux : ils ont vu le plus grand groupe du genre, et le groupe le plus à la mode, le même jour ! Je suis sûr qu'en retournant la poussière devant la grande scène, on va en retrouver enterrés d'ailleurs !
En conclusion une très bonne édition du festival, les mêmes tarifs acceptables que l'an passé (sauf pour les sandwichs en inflation constante), avec un pic de kif personnel situé quelque part entre le concert de PJ Harvey et celui de Bashung, mais aussi plein de bonne surprises.
Conseil à l'organisation pour finir : penser à arroser le terrain avant les concerts de bourrins (à Roland Garros on arrose bien le central avant Mauresmo/Williams non ?)
Longue vie aux Eurockéennes !
PS : Venant depuis 1994, j'étais déjà là évidemment en 2003 pour une première petite chronique sous forme de réaction ! ... et puis aussi un retour sur les années 1994 à 2002 !
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|  | Belle & Sebastian - 16 mars 2004 - La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand 
A la question "Laisseriez vous votre fille épouser un Belle & Sebastian ?", tous les parents du monde répondent : "oui, sans hésitation !". Les réticences éventuelles devant un groupe de rock .../...
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A la question « Laisseriez vous votre fille épouser un Belle & Sebastian ? », tous les parents du monde répondent : « oui, sans hésitation ! ». Les réticences éventuelles devant un groupe de rock en cuir (au hasard, The Stooges) disparaissent en voyant sur scène le leader de B & S ; sa tête de séminariste bienheureux et son look aussi inoffensif que propre sur lui (ni jeans troués, ni cheveux longs et gras) font qu’on lui accorderait le Bon Dieu sans confession... et la main de sa fille. Mais les Ecossais pop et leur leader ont bien d’autres qualités susceptibles de charmer les parents… et leur progéniture !
Pour séduire ces différentes catégories de publics, les sept musiciens ne font pas trop de bruit, pensent à accorder leurs instruments, à jouer correctement leurs chansons pop/folk, tout en plaçant quelques parties de trompette (très important, la trompette !). Et s’ils s’autorisent des solos de guitares (parfois à l’unisson, c’est énorme), on ne peut parler d’incontinence guitaristique caractérisée comme chez Canned Heat ou Vanilla Fudge, aperçus dans les parages récemment. Le respect du public, c’est important aussi : une section de cordes vient renforcer la formation originale et de multiples efforts sont faits pour restituer les arrangements studio avec des sifflements, des parties d’harmonica, de violoncelle, de claviers etc.
Dès leurs débuts en 1996, les sept musiciens avaient pris soin de prendre un nom n’incitant pas à la débauche ou à la rébellion - contrairement aux terrifiants Black Rebel Mortorcycle Club. Le feuilleton français Belle et Sébastien encourage plutôt à être sage et à prendre soin des animaux ; à l’heure où l’émission Trente millions d’amis est gravement menacée, il est important de réaffirmer le plus fréquemment possible son attachement à nos amis les bêtes. Poser dès 2002 entouré de chiens n’était donc pas anodin et témoignait déjà d’une grandeur d’âme rassurante…

Le choix du nom charmant et bucolique de Belle & Sebastian prouve la francophilie jamais prise en défaut de nos amis anglo saxons… Reprendre délicatement sur scène Comment te dire adieu de l’astrologue de droite Françoise Hardy ou chanter - dans un français approximatif certes - un de ses propres morceaux dans notre langue étant deux preuves supplémentaires de l’amour sincère de B & S pour notre délicieux pays.
Pour rassurer tout le monde, il est également important d’avoir un comportement irréprochable, chaque geste déplacé pouvant être pris en exemple par une jeunesse en manque de repères. A ce titre, ne pas fumer sur scène, ne pas boire d’alcool avant de débuter un show, ne pas porter des lunettes de soleil pour cacher des pupilles dilatées par la drogue et boire de l’eau de Volvic - dont la source se trouve non loin de Clermont-Ferrand et de la Coopérative de Mai - sont des actes de nature à permettre à tout le monde de vivre aussi longtemps que Henri Salvador…
Enfin pour asseoir sa popularité, il est important d’autoriser la radiodiffusion en direct du concert sur France Inter dans l’émission de Bernard Lenoir, un viril sexagénaire coiffé comme Eddy Mitchell. Ainsi, en plus des 800 personnes réunies dans la salle, la France entière peut passer une soirée de rêve en se laissant bercer par les incunables du groupe (The stars and track Field, Get me away from here I’m dying, Expectations, Women’s realm, Dirty dream number two, Dog on wheels, I fought in a war) ou les dernières perles de l’album Dear catastrophe waitress (Step into my office baby, Wrapped up in books, Asleep on a subeam, Lord Anthony, I’m a cuckoo, Piazza, New York catcher, Roy Walker… ). Les fans de la première heure (très sensibles au T-shirt The Smiths arboré fièrement par Stuart) comme les plus récents adeptes sont donc comblés et peuvent déguster ensemble une drolatique et excellente version électro eighties de Stay Loose avec boîte à rythme énorme, voix trafiquée et tout le toutim…
Comme si cela ne suffisait pas après ces démarches de séduction tous azimuts, entre deux morceaux Stuart Murdoch fait asseoir les garçons pour mieux repérer où sont les filles. C’est trop facile, voire carrément honteux de profiter ainsi de son statut de rock star ! Mais rien ne sert de s'énerver, quoi que ce jeune homme fasse, c'est séduisant... Par exemple, un peu plus tôt, même sa petite tentative pour casser son image de gendre idéal n’y avait rien fait : quand il encourage les gens à dire des grossièretés sur les ondes de France Inter, cela reste malgré tout charmant. Mieux vaut se rendre à l’évidence : Belle & Sébastian et Stuart Murdoch sont i - rré - sis - ti - bles !
A lire également sur ConcertAndCo.com : les chroniques des concerts de Belle & Sebastian au Printemps de Bourges 2002 et au Festival de Bénicassim 2002.
Sites Internet : www.belleandsebastian.com, www.roughtraderecords.com.
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|  | Festival de Bénicassim 2002 - 2, 3, 4 aôut 2002 - Bénicassim (Espagne)  Le Festival de Bénicassim 2002 a laissé un souvenir impérissable à ceux qui ont eux la chance d'aller passer trois jours sur son site. Une programmation extraodinaire pour le fan de pop et d'électro .../...
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>> Réponse (le 30/11/2006)  Yes, j'y étais aussi la même année, j'ai fait les 3 jours plus la teuf du lundi soir sur la plage, chouette festival, .../... La suite |
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