Autant être franc dès le départ, pour n'importe quel accro au groupe de Stuart Murdoch cette compilation malgré sa qualité intrinsèque ne présente aucun intérêt : il n'y a pas un seul morceau inédit, que du déjà entendu. Mais pour tous ceux qui ne connaîtraient de la formation .../...

Autant être franc dès le départ, pour n’importe quel accro au groupe de
Stuart Murdoch cette compilation malgré sa qualité intrinsèque ne présente aucun intérêt : il n’y a pas un seul morceau inédit, que du déjà entendu. Mais pour tous ceux qui ne connaîtraient de la formation que leurs albums, elle est strictement indispensable. Explication : ce double cd rassemble l’ensemble des maxis sortis sur le label
Jeepster, à l’époque bénie où ces singles ne comprenaient que des inédits, y compris en face A. Et pour les quelques initiés français (provinciaux qui plus est), il fallait passer par la case import pour se les procurer, ce qui les rendaient encore plus précieux. Et puis il faut bien avouer qu’à l’exception du classique
« If you’re feeling sinister » de 97, la troupe écossaise réserve quelques unes de ses meilleures compositions à ces fameux maxis compilés aujourd’hui. Et que malgré quelques fulgurances comme « Your cover’s blown » l’an passé, ils n’ont jamais vraiment retrouvé l’inspiration qui nous les ont fait adorer. A la ré écoute plusieurs saisons après, le charme agit toujours, même si certains emprunts sont plus flagrants : les trompettes de
Love sur
« Dog on wheels, les orgues de
Procol Harum sur
« Lazy line painter Jane », les guitares westernisantes de
Monochrome Set sur
« Le pastie de la bourgeoisie » mais les dits morceaux sont tellement bons qu’ils transfigurent ces influences. Si on reste dans un registre strictement pop, ces chansons intemporelles (style on ne plus classique, avec des arrangements sobres et des mélodies fluides pour ne pas dire limpides) sont suffisamment variées pour ne pas lasser et rappellent l’impressionnante constance de ces jeunes gens. On passe d’un joyau northern soul (
« Slow graffiti ») à une ballade déchirante (la bien nommée
« Beautiful ») du folk intimiste (
« You made me forget my dreams ») au tube très
Swinging London (
«Legal man », leur plus gros succès à ce jour, qui leur valut même un passage incongru à
Top of the pops !) et au final on se souvient que monsieur
Murdoch fut à ses grandes heures un des songwriters les plus attachants et doués de la fin des années 90. Les choses commencent d’ailleurs à se gâter quand d’autres membres comme la violoniste
Isobel Campbell ou le guitariste
Stevie Jackson chantent et composent des titres plus anecdotiques, mais il n’y a presque rien à jeter dans cette anthologie, qui rime autant avec nostalgie qu’avec magie.
2005 (Jeepster/Pias)