Critique de concert Blitz The Ambassador + Famoudou Don Moyé & Ahmad Compaoré And Friends

Commençons par un grand bravo au Cabaret Aléatoire qui a fait preuve sur ce coup d’une belle réactivité : au départ n’était prévu que le concert de Blitz The Ambassador. Mais Famoudou Don Moyé, à Marseille depuis cinq jours, a rencontré Ahmad Compaoré et l’idée a instantanément germé chez les deux hommes de créer un de ces moments rares dont les musiciens inspirés ont le secret. La salle a judicieusement greffé ce projet en première partie ce dimanche soir. Ca rattrape l’erreur de casting du mois de décembre où l’ajout de Rocca avait relégué Musique Rebelle à une heure indue.
Famoudou Don Moyé & Ahmad Compaoré & Friends
Ici, ce n’est pas Musique Rebelle, mais on ne peut s’empêcher d’y penser.
En constatant d’abord que les "friends" sont des fidèles parmi les fidèles de ces sessions biannuelles cultes : Fred Pichot, Christophe LeLoiL, Stéphane Mondésir, Jean-Marc Montera, Sylvain Terminiello, Sam Karpienia.
En observant ensuite le contenu hétéroclyte du set :
- l’avant-gardisme de l’incorrigible Jean-Marc Montera, plus Fredfrithien que jamais dont les doigts ne constituent que dix des multiples éléments de sa boîte à outils. Il y ajoute aujourd’hui archet et autres pinceaux ;
- les associations entre les différents musiciens qui donnent libre cours à leur inspiration du moment : comment oublier ce duo Sam Karpienia (mandole) / Fred Pichot (flûte) et le morceau suivant où la trompette assourdie de Christophe LeLoiL vient rejoindre les deux hommes devenus respectivement chanteur occitan et saxophoniste ?
- le "code d’Ahmad" dont le musicien en liberté utilise quelques bribes dans le morceau de rappel ;
- et par-dessus tout, la joie sincère qu’ils ont de jouer ensemble et qu’ils transmettent instantanément au public.
Cette joie semble aujourd’hui plus forte encore. Ahmad Compaoré n’a pas dû les prier beaucoup pour qu’ils acceptent de jouer avec une légende, Famoudou Don Moyé, considéré comme un des spécialistes des percussions africaines et caribéennes, batteur de l’Art Ensemble Of Chicago où il côtoya Lester Bowie.
Nous apprécions le résultat des quelques heures de collaboration avec ce personnage charismatique de 65 ans. La canne qui l’aide à se déplacer est un élément trompeur. L’homme est on ne peut plus lucide et alerte, sa prestation derrière les fûts impressionnante.
Et quelle entente avec Ahmad Compaoré qui parvient à devenir son clône sur un duo à quatre mains d’une puissance absolue !
Il est également chef de chœur à deux reprises notamment lors du premier titre (vidéo ci-dessus) maîtrisé par cinq disciples enthousiastes et enluminé par Sam Karpienia.
Il arbore comme les autres un regard d’enfant. Ils semblent avoir reçu les cadeaux de leurs rêves et nous les font partager. Le plus beau est concocté sur une trame de six notes construite par la contrebasse de Sylvain Terminiello.
L’imagination de chacun est alors d’une jouissive fertilité.
Deux trop courts rappels viennent prolonger le bonheur : la jubilatoire chorale se remet en place avant qu’une des compositions d’Ahmad Compaoré ne nous fasse saliver en attendant le 10ème Round de Musique Rebelle (il aura lieu le 18 juin, avis aux amateurs). Mais l’heure est venue de démonter les deux batteries pour l’installation du plateau suivant.
Famoudou Don Moyé & Ahmad Compaoré + Friends :
De gauche à droite :
Famoudou Don Moyé : batterie, percussions, direction artistique / Ahmad Compaoré : batterie, percussions / Stéphane Mondésir : claviers, programming / Fred Pichot : saxophones, flûte / Sylvain Terminiello : basse électrique, contrebasse / Christophe LeLoiL : trompette, bugle / Sam Karpienia : voix, mandole.
(+ Jean-Marc Montera : guitare)
Blitz The Ambassador
Idée judicieuse du Cabaret Aléatoire donc. Jamais je ne me serais déplacé pour Blitz The Ambassador dont j’ignorais tout jusqu'alors. Contrairement à des amis pour qui l’étiquette hip hop a créé un a priori négatif qu’ils ne sont pas parvenus à surmonter, mon intérêt est allé croissant tout au long du set.
Car l’Ambassadeur est accompagné par l’Embassy Ensemble. La présence en son sein d’une classieuse section cuivre n’est pas étrangère à cet intérêt. Visuellement un peu : le tromboniste, le saxophoniste et le trompettiste en habit de gala ponctuent leurs phrases d’harmonieux pas latéraux, balancers d’instruments et autres lancers de pieds en avant. Instrumentalement beaucoup : la voix de Samuel Bazawule y trouve un écho des plus agréables.
Le Ghanéen est tombé dans le hip hop, nous raconte-t-il, à l’écoute des Public Enemy et des radios spécialistes du genre. Il en a hérité un rapide flow – poussé à son paroxysme sur Akwaaba que reprend en chœur toute la salle, une énergie débordante et un couvre-chef noir.
Mais il en repousse étonnamment les limites : une reprise de Fela Kuti, une ryhtmique souvent funky, parfois même bluesy, des solos de guitare gilmouriens de Raja Kassis, une marche militaire (!)…
Le flow est toujours présent toutefois, chaque phrase se trouvant ponctuée de deux ou trois "Mââââââsseille !".
Dans le public, les têtes balancent au rythme de la ligne de basse. Mon voisin me voyant prendre des notes m’aide à la rédaction :
"Vous êtes journaliste ? Ecrivez que c’est une tuerie !"
Bonus vidéo : Free Your Mind
Ici, ce n’est pas Musique Rebelle, mais on ne peut s’empêcher d’y penser.
En constatant d’abord que les "friends" sont des fidèles parmi les fidèles de ces sessions biannuelles cultes : Fred Pichot, Christophe LeLoiL, Stéphane Mondésir, Jean-Marc Montera, Sylvain Terminiello, Sam Karpienia.
En observant ensuite le contenu hétéroclyte du set :
- l’avant-gardisme de l’incorrigible Jean-Marc Montera, plus Fredfrithien que jamais dont les doigts ne constituent que dix des multiples éléments de sa boîte à outils. Il y ajoute aujourd’hui archet et autres pinceaux ;
- les associations entre les différents musiciens qui donnent libre cours à leur inspiration du moment : comment oublier ce duo Sam Karpienia (mandole) / Fred Pichot (flûte) et le morceau suivant où la trompette assourdie de Christophe LeLoiL vient rejoindre les deux hommes devenus respectivement chanteur occitan et saxophoniste ?
- le "code d’Ahmad" dont le musicien en liberté utilise quelques bribes dans le morceau de rappel ;
- et par-dessus tout, la joie sincère qu’ils ont de jouer ensemble et qu’ils transmettent instantanément au public.
Cette joie semble aujourd’hui plus forte encore. Ahmad Compaoré n’a pas dû les prier beaucoup pour qu’ils acceptent de jouer avec une légende, Famoudou Don Moyé, considéré comme un des spécialistes des percussions africaines et caribéennes, batteur de l’Art Ensemble Of Chicago où il côtoya Lester Bowie.
Nous apprécions le résultat des quelques heures de collaboration avec ce personnage charismatique de 65 ans. La canne qui l’aide à se déplacer est un élément trompeur. L’homme est on ne peut plus lucide et alerte, sa prestation derrière les fûts impressionnante.
Et quelle entente avec Ahmad Compaoré qui parvient à devenir son clône sur un duo à quatre mains d’une puissance absolue !
Il est également chef de chœur à deux reprises notamment lors du premier titre (vidéo ci-dessus) maîtrisé par cinq disciples enthousiastes et enluminé par Sam Karpienia.
Il arbore comme les autres un regard d’enfant. Ils semblent avoir reçu les cadeaux de leurs rêves et nous les font partager. Le plus beau est concocté sur une trame de six notes construite par la contrebasse de Sylvain Terminiello.
L’imagination de chacun est alors d’une jouissive fertilité.
Deux trop courts rappels viennent prolonger le bonheur : la jubilatoire chorale se remet en place avant qu’une des compositions d’Ahmad Compaoré ne nous fasse saliver en attendant le 10ème Round de Musique Rebelle (il aura lieu le 18 juin, avis aux amateurs). Mais l’heure est venue de démonter les deux batteries pour l’installation du plateau suivant.
De gauche à droite :
Famoudou Don Moyé : batterie, percussions, direction artistique / Ahmad Compaoré : batterie, percussions / Stéphane Mondésir : claviers, programming / Fred Pichot : saxophones, flûte / Sylvain Terminiello : basse électrique, contrebasse / Christophe LeLoiL : trompette, bugle / Sam Karpienia : voix, mandole.
(+ Jean-Marc Montera : guitare)
Idée judicieuse du Cabaret Aléatoire donc. Jamais je ne me serais déplacé pour Blitz The Ambassador dont j’ignorais tout jusqu'alors. Contrairement à des amis pour qui l’étiquette hip hop a créé un a priori négatif qu’ils ne sont pas parvenus à surmonter, mon intérêt est allé croissant tout au long du set.
Car l’Ambassadeur est accompagné par l’Embassy Ensemble. La présence en son sein d’une classieuse section cuivre n’est pas étrangère à cet intérêt. Visuellement un peu : le tromboniste, le saxophoniste et le trompettiste en habit de gala ponctuent leurs phrases d’harmonieux pas latéraux, balancers d’instruments et autres lancers de pieds en avant. Instrumentalement beaucoup : la voix de Samuel Bazawule y trouve un écho des plus agréables.
Le Ghanéen est tombé dans le hip hop, nous raconte-t-il, à l’écoute des Public Enemy et des radios spécialistes du genre. Il en a hérité un rapide flow – poussé à son paroxysme sur Akwaaba que reprend en chœur toute la salle, une énergie débordante et un couvre-chef noir.
Mais il en repousse étonnamment les limites : une reprise de Fela Kuti, une ryhtmique souvent funky, parfois même bluesy, des solos de guitare gilmouriens de Raja Kassis, une marche militaire (!)…
Le flow est toujours présent toutefois, chaque phrase se trouvant ponctuée de deux ou trois "Mââââââsseille !".
Dans le public, les têtes balancent au rythme de la ligne de basse. Mon voisin me voyant prendre des notes m’aide à la rédaction :
"Vous êtes journaliste ? Ecrivez que c’est une tuerie !"
Signature : mcyavellle 25/04/2011
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Photographe : pixxxo
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le 6 juillet 2010 - Salle Vallier, Marseille (par stéphane sarpaux)


le 17 avril 2010 - Cabaret Aléatoire, Friche Belle de Mai, Marseille (par McYavell)

le 11 Mars 2010 - GRIM (Montévidéo) - Marseille (par The Duke Of Prunes)


le 28 mars 2012 - l'Eolienne - Marseille (par Pirlouiiiit)


le 29 avril 2011 - Kiosque de la Canebière, Marseille (par Pirlouiiiit)

le 7 avril 2011 - Bar de la Plaine - Marseille (par Mystic Punk Pinguin)


le 18 février 2011 - la Meson - Marseille (par Pirlouiiiit)


le 10 décembre 2010 - Planet' Mundo K'fé - Marseille (par Pirlouiiiit)


le 18 février 2012 - la Meson, Marseille (par Pirlouiiiit)


le 17 décembre 2011 - le Floor - Marseille (par Pirlouiiiit)


le 10 décembre 2011 - le Paradox - Marseille (par Pirlouiiiit)


le 08 octobre 2011 - rue Consolat - Marseille (par Pirlouiiiit)


le 24 mars 2012 - La Meson - Marseille (par Mardal)


le 17 décembre 2010 - Cabaret Aléatoire - Marseille (par Mcyavell)


le 14 octobre 2010 - BMVR Alcazar - Marseille (par Mcyavell)


le 17 décembre 2011 - le Floor - Marseille (par Pirlouiiiit)


le 10 décembre 2011 - le Paradox - Marseille (par Pirlouiiiit)

le 23 Juillet 2011 - Festival de Jazz des Cinq Continents - Marseille (par Mardal)


le 15 juillet 2011 - le Floor, Marseille (par Pirlouiiiit)


le 17 décembre 2011 - le Floor - Marseille (par Pirlouiiiit)

le 23 Juillet 2011 - Festival de Jazz des Cinq Continents - Marseille (par Mardal)


le 15 juillet 2011 - le Floor, Marseille (par Pirlouiiiit)


le 17 décembre 2010 - Cabaret Aléatoire - Marseille (par Mcyavell)


le 19 juin 2011 - Kiosque Léon Blum - Marseille (par Pirlouiiiit)

le 7 avril 2011 - Bar de la Plaine - Marseille (par Mystic Punk Pinguin)
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