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Mercredi 19 juin 2013 : 10508 concerts, 22026 critiques de concert, 4866 critiques de CD.

Critique de concert Rock en Seine 2012 - Jour 3 : Green Day, Foster The People, The Dandy Warhols, Passion Pit, Avant-Seine All Stars, Kimbra, Versus, Friends


Rock en Seine 2012 - Jour 3 : Green Day, Foster The People, The Dandy Warhols, Passion Pit, Avant-Seine All Stars, Kimbra, Versus, Friends en concert


4 étoiles, bon concert

Jaime



DIMANCHE 26 AOÛT 2012

Temps : Beau, frais en soirée.

On a vu : Elisa Jo devant The Dandy Warhols ; Jean-Paul Huchon et Julien Dray devant Green Day ; Stuck In The Sound, Birdy Hunt, Fancy, Success, Hushpuppies et Foster The People à l’after VIP.


FRIENDS – Scène Pression Live – 14h30 : 6,5/10

Avec sa pop lo fi, à la fois vintage, glamour et groovy (en particulier le tube I’m His Girl), le groupe Friends (qui n’a pas trop pensé au référencement Internet en choisissant son nom) propose une prestation globalement propre et fraîche, malgré quelques mollesses qui rendent le tout pas toujours enthousiasmant. Le problème majeur est surtout que tout ne repose que sur la personnalité et le charme de la chanteuse, Samantha Urbani, tandis que les musiciens semblent complètement absents, comme si on les avait posés là pour décorer la scène. Malgré tout, un bon concert pour débuter la journée en douceur.


Friends


VERSUS – Scène de l’Industrie – 15h15 : 7/10

Avec une belle énergie et un sacré groove, on pouvait espérer mieux du combo français Versus, dont la réputation se bâtit lentement, mais très sûrement depuis quelques mois. Leur MC a un flow très agréable et le mélange de hip hop et de rock livré par les 8 musiciens sur scène (dont un DJ et un chanteur/flutiste) peut se faire très dansant. Malheureusement, tout n’est pas aussi prenant qu’on l’aurait espéré. Le set termine tout de même très fort avec un titre que James Brown lui-même n’aurait sûrement pas renié. A suivre…


Versus


KIMBRA – Scène Pression Live – 15h50 : 7,5/10

La chanteuse néo-zélandaise, découverte essentiellement pour sa participation au tube de Gotye Somebody I Used To Know (mais qu’on suivait pour notre part depuis son duo en 2010 avec Miami Horror sur l’excellent I Look To You), est en train de créer un véritable raz-de-marée partout où elle passe et notamment aux Etats-Unis. Certains de ses morceaux ont une classe folle, comme le jazzy Good Intent, tandis que d’autres font la part belle à une pop acidulée et sautillante (Cameo Lover). Elle livre en outre une nouvelle version de son premier single, Settle Down, plus électronique et assez réussie. Au rayon des bons points, on notera également que cette pure francophile fait l’effort de s’exprimer uniquement dans un Français très correct, ce qui est toujours appréciable. Malheureusement, ce beau tableau est entaché par un son calamiteux, un problème qui s’est répété tout le weekend sur cette scène Pression Live, qui se détachait déjà des autres en termes de qualité sonore l’an dernier, mais dans le bon sens cette fois. Difficile de comprendre à quoi ce problème est lié, mais il a sacrément amoché les sets de Grimes, Friends, Passion Pit et donc Kimbra, que nous y avons vus. Les basses infâmes écrasent tout sur leur passage et on regrettera longtemps de n’avoir pu profiter que d’une infime partie des capacités vocales de la jeune artiste, dont c’était le tout premier concert en France. A revoir absolument dans de meilleures conditions.


Kimbra


PASSION PIT – Scène Pression Live – 17h10 : 7/10

Même problème de son pour Passion Pit, et l’on doit dire en préambule que cela coûte peut-être quelques demi-points au groupe. En l’état, la bande du Massachussetts livre un set pas désagréable, mais assez insipide. Avec quelques rythmiques électro sympas, devant un public nombreux et largement acquis à leur cause, les musiciens ont indéniablement quelques bonnes inspirations pour faire danser les spectateurs et mettent même une sacrée ambiance. Pourtant, on n’accroche pas plus que ça à un concert finalement assez anecdotique.


Passion Pit


THE DANDY WARHOLS – Grande Scène – 18h00 : NN

Groupe mythique et rare de la scène rock psyché américaine, les Dandy Warhols, originaires de Portland, étaient une des attractions de ce Rock en Seine. Attraction dont on n’aura vu que quelques morceaux – ce qui explique qu’on n’ait pas voulu se risquer à attribuer une note – mais qui a proposé un set plutôt envoûtant. Sur l’inévitable tube Bohemian Like You, la bande de Courtney Taylor muscle son jeu et met enfin un semblant d’ambiance à un public qui écoute religieusement, mais semble trouver peu d’occasions de bouger. Leur musique demande en effet une certaine attention, qu’il est bien difficile d’obtenir en festival (on avait eu le même problème l’an passé avec CocoRosie), même si l’on doit reconnaître que leur son emplit bien l’espace.


The Dandy Warhols


AVANT SEINE ALL STARS – Scène Pression Live – 18h50 : NN

Devant une foule des grands jours, cette création inédite rassemblait dix des groupes "découverte" du programme Avant-Seine, mis en place depuis 2005, pour reprendre dix standards de la décennie écoulée. Et comme on pouvait s’y attendre, la performance aura été l’occasion du meilleur comme du pire. On aura malheureusement loupé les passages de Jil Is Lucky et de Fancy, mais on arrive pour entendre Cheveu massacrer le One More Time des Daft Punk. On apprécie en revanche nettement plus la version électro et électrique du No One Knows des Queens Of The Stone Age, proposée par les déjantés Success, portés par un chanteur ultra-charismatique. Moins d’enthousiasme pour la reprise musclée, mais sans grand intérêt d’At The Drive-In par Stuck In The Sound. Rien d’extraordinaire non-plus dans la version des Hey Hey My My du Last Night des Strokes, qui commence comme un blues sous tranquillisants, avant de soudainement mettre les doigts dans la prise. Un peu gadget. Beaucoup plus intéressante en revanche, la reprise électro très intelligemment pensée du mythique Seven Nation Army des White Stripes par Molecule, avec une grosse basse efficace et dansante, même si le chant laisse un peu à désirer. C’est ensuite aux Gush d’offrir une version bien remuante du That’s Not My Name des Ting Tings, qui doit toutefois plus à l’hyper-efficacité du morceau original qu’au travail de réarrangement du groupe. Echec aussi pour les Hushpuppies, qui livrent une reprise rock totalement inintéressante du pourtant si beau L.E.S. Artistes de Santigold. Heureusement, on finit fort avec la version déchaînée du Hey Ya! d’Outkast par Birdy Hunt, très réussie. Morceau que le groupe reprend ensuite pour le final, avec le retour sur scène de tous les groupes et des Airnadette (qui ont animé les changements de plateau), pour une grande et belle farandole sur scène. On n’aura finalement relevé que quelques couacs techniques, très excusables vu la performance (dix groupes sur la même scène en moins d’une heure), couacs toutefois pas très faciles à meubler pour le présentateur issu des Airnadette, rarement drôle et manifestement pas très à l’aise dans l’art de l’improvisation. En revanche, les quelques interludes animés par la bande elle-même se révèlent plutôt réussis. Dans l’ensemble, cet Avant-Seine All Stars aura donné l’occasion d’une belle fête et de prestations qui, si inégales qu’elles fussent, partageaient un vrai souci d’amusement et de bonne humeur. Bravo aux organisateurs pour cette initiative et aux groupes qui se sont prêtés au jeu !


Avant-Seine All Stars - Fancy


FOSTER THE PEOPLE – Scène de la Cascade – 20h45 : 8,5/10

Devant une foule véritablement immense, les très attendus Californiens de Foster The People assènent leur pop tantôt atmosphérique, tantôt dansante. Si la première partie du set n’est pas toujours passionnante (hormis le fameux Houdini qui intervient en deuxième), les choses s’accélèrent une fois passée la mi-concert, avec l’excellent Call It What You Want, qui transforme le Domaine de Saint-Cloud en dancefloor géant. Pour continuer à faire monter la sauce, Mark Foster fait alors venir sur scène Kimbra, aperçue plus tôt sur la scène Pression Live, pour le tout aussi dansant et très puissant Warrior (réalisé avec le DJ canadien A-Trak, malheureusement absent). Le groupe enchaîne ensuite avec une version bâclée, mais tout de même sympa de Don’t Stop (Color On The Walls) , pour finir en apothéose sur Pumped Up Kicks, qui s’offre un final électro survitaminé avec en prime un beau lâché de confettis sur une foule toujours impressionnante, malgré le début du concert de Green Day sur la Grande Scène. Les Foster The People auront donc livré une prestation assez schizophrène, entre une première moitié assez calme, voire parfois rébarbative, et une deuxième en forme de grand feu d’artifices. Mais comme c’est la dernière impression qui compte, on gardera un excellent souvenir de ce concert !


Foster The People


GREEN DAY – Grande Scène – 21h30 : 7,5/10

Il est parfois dur d’être journaliste musical, par exemple quand votre conscience professionnelle vous oblige à dire du bien de Green Day. Heureusement, la bande de Billie Joe Armstrong a beaucoup œuvré pour qu’on n’ait pas à en dire trop non-plus, se tirant des balles dans le pied avec beaucoup d’enthousiasme, alors qu’elle aurait pu faire taire la plupart des critiques.
Le concert a déjà commencé depuis quelques minutes quand on arrive du concert de Foster The People, et c’est le moment que le groupe choisit pour balancer Holiday, qui envoie la sauce et qui déchaîne déjà la foule. La bande, formée en 1987, a l’avantage d’avoir toujours la pêche de ses jeunes années. Seul problème : il faut parfois grandir et sortir de l’adolescence, voire de l’enfance. Or Billie Joe Armstrong, 40 ans depuis quelques mois, ressemble plus à un enfant de 8 ans qu’à un chanteur dans la force de l’âge : il fait des galipettes, arrose la foule au jet d’eau, balance des rubans de papier toilettes dans le public, catapulte des t-shirts, se déguise, fait des blagues, des grimaces… En fait, on se croirait plus à la garderie qu’à un concert de rock. Et à en faire tellement dans l’esbroufe, il en oublie un peu la musique. Certes, tous les morceaux de Green Day se ressemblent et tous leurs trucs pour épater la foule ont quand-même été vus et revus un million de fois, mais les musiciens sont parfois capables de vraies démonstrations de force et pourraient utiliser leurs années d’expérience et leur présence sur scène pour imposer un vrai show. Au lieu de ça, notre ami Billie continue inlassablement de faire le pitre, même sur le beau Boulevard Of Broken Dreams, qui aurait pu être réussi s’il ne l’avait pas interrompu en plein milieu pour faire l’idiot. C’est d’ailleurs à l’occasion de ce morceau qu’on atteint le fond du fond, lorsque les écrans géants nous montrent au premier rang de la foule une ado, tout appareil dentaire dehors, en train de pleurer à chaudes larmes. On n’avait pas payé pour voir Justin Bieber !

Et pourtant, ça peut être vraiment très bien quand le groupe se met enfin à jouer, comme sur Basket Case ou l’inévitable et toujours aussi efficace American Idiot, interprété en rappel et dont Billie Joe pourrait presque ne plus chanter les paroles tant le public les connait par cœur. Intéressant même lorsque le concert se termine sur un acoustique guitare-voix qui a le mérite de clore le set en douceur.


Green Day


Ce concert aura sans doute été le plus gros succès populaire du festival, en grande partie grâce aux nombreux fans venus exprès pour le groupe (finalement, une journée à 50 euros reste rentable pour voir son groupe préféré), mais il aura laissé une bien étrange impression. Le succès en soi ne veut pas dire grand-chose : Britney Spears, Tokio Hotel ou Justin Bieber, qu’on a cité plus haut, déchaînent des foules, et ça ne veut pas dire pour autant que leur production musicale, ni même scénique, vaille quoi que ce soit. Mais la prestation de Green Day, quand ils se mettent à jouer, est très convaincante, puissante, jouissive même quand ils reprennent les tubes de notre adolescence. Le problème du groupe, au contraire de The Offspring, programmé il y a quelques années à Saint-Cloud, c’est qu’il n’a pas grandi, et son public non-plus. Quand on va voir les Offspring aujourd’hui, on sait qu’on y va un peu au second degré, entre gens de la même génération, on s’amuse sur les titres qui nous ont fait danser quand on était plus jeune. Or la moyenne d’âge du public de Green Day n’a, elle, pas augmentée avec le temps, le groupe parle toujours aux ados, et fait tout pour cela, en livrant une prestation qui tient plus du guignol et du spectacle de foire que du vrai concert du rock. On peut être fun et jeune dans sa tête sans être grotesque, comme AC/DC le fait depuis des décennies, alors que le groupe est autrement plus vieux. Mais sans doute que comparer Green Day et AC/DC, c’est atteindre les limites de la démonstration : Green Day est un groupe capable de produire de vrais tubes et de proposer des performances scéniques de qualité, mais qui, au contraire de la mythique bande d’Angus Young, s’est toujours contenté de faire du toc et du commercial. Et finalement, c’est bien dommage…


BILAN DU JOUR 2 :

Dernière journée assez solide pour cette dixième édition de Rock en Seine, avec un début crescendo de Friends à Kimbra en passant par Versus. Moins d’enthousiasme pour Passion Pit, mais une prestation intéressante des Dandy Warhols, avant le très créatif et hétéroclite Avant-Seine All Stars, sans nul doute un des évènements de ce festival. On finit un peu perplexe sur un très bon demi-concert des Foster The People et une prestation difficile à juger de Green Day, qui aura mélangé le meilleur de tubes électriques et imparables au pire de simagrées grotesques, dont la lourdeur a fini par rendre le moment assez affligeant.


BILAN DU FESTIVAL :

Malgré une affiche moins alléchante que l’an passé sur le papier, cette dixième édition de Rock en Seine nous aura révélé de bonnes surprises : si on n’a rien vu de vraiment exceptionnel, à la hauteur, par exemple, d’Archive ou des Streets en 2011, on aura en revanche pu profiter de beaucoup de bonnes choses, avec les prestations solides de Bloc Party, The Dandy Warhols, C2C, The Asteroids Galaxy Tour, Dionysos ou encore Agoria, les jolies découvertes (attendues pour la plupart) Kimbra, Speech Debelle, Owlle et les grosses performances des Black Keys et de Foster The People. Déception attendue, mais confirmée, en revanche, pour les deux têtes d’affiche Placebo et Green Day. Dans une moindre mesure, on aurait attendu un peu plus de Grimes, Friends, The Temper Trap et même Miike Snow. On félicite par contre sans réserve les organisateurs pour les deux créations originales : Get Well Soon avec l’Orchestre National d’Ile-de-France (qu’on n’a malheureusement pas vu) et le Avant-Seine All Stars, globalement réussi. Et on salue toujours et encore l’organisation générale avec profusion de nourritures et de boissons, animations diverses (cette année une grande roue, en plus de la traditionnelle guinguette ou de l’expo photo) et une ambiance toujours aussi sympa. Un regret tout de même, et une inquiétude surtout, parce que c’est une tendance de fond : la qualité des têtes d’affiche baisse chaque année un peu plus, passant des White Stripes, Muse, Chemical Brothers (tous trois en 2004), Radiohead (2006), Rage Against The Machine et autres R.E.M (en 2008) à des groupes de moins en moins renommés (Arcade Fire, Arctic Monkeys, Queens Of The Stone Age, Archive, Foo Fighters…), voire carrément ringards et inintéressants (Blink 182, Placebo, Green Day…). S’il continue sur cette pente, le festival francilien risque fort de ne plus pouvoir se vanter bien longtemps de voir sa fréquentation augmenter chaque année…


BONUS :
La chronique du Jour 1 : Placebo, Bloc Party, Dionysos, C2C…
La chronique du Jour 2 : The Black Keys, Noel Gallagher, Agoria, Eagles Of Death Metal...

Crédits photos : Fred Cazalis, ainsi que Sylvere Hieulle et Victor Picon pour Rock en Seine.


 


Versus 


  4 étoiles
Versus
le 9 février 2002 - Intermédiaire - Marseille (par Hum !)
 

  5 étoiles
Vegastar + The Versus
le 04 Décembre - La clé des champs, Plaisir (par lolotte-78370)
 

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