* Cheveu - 1000 (2011 / Born Bad Records) écouté par Pierre Andrieu
Stress capillaire provoqué par des écoutes répétées de soupes FM ou pseudo "rock français rebelle" ? Calvitie très précoce, conséquence directe d’une inquiétude en ce qui concerne le devenir de la musique made in France ? Achats de perruques pour être incognito à l’étranger quand quelqu’un évoque le douloureux problème des énormes chiffres de ventes des artistes fadasses dans notre beau pays ? Commandes discrètes sur internet de dangereux produits destinés à dresser votre chevelure sur votre tête ? Il existe une solution alternative, satisfaisante, simple, pas chère et que le monde entier nous envie : le groupe Cheveu ! Déjà auteurs en 2008 d’un excellent album éponyme (et ébouriffant, hein,
bien
sûr !) suivis de concerts particulièrement sauvages, Etienne Nicolas, David Lemoîne et Olivier Demeaux poussent aujourd’hui le bouchon de cérumen encore plus loin afin de faire exploser leur talent « électro rock garage Lo FI » au grand jour, c'est à dire dans les trompes d’Eustache des petits curieux… Intitulé 1000, ce véritable chef d’œuvre d’expérimentations sonores versatiles et accrocheuses ravigotera n’importe quel fan de rock 'n roll osé totalement endormi par la production actuelle. La méthode employée est expéditive, pas si facile à réaliser que ça et réellement très, très efficace : un cocktail Molotov musical à base de guitares hurlantes, de boites à rythmes délibérément flinguées, de voix de Bela Lugosi en sursis et gravement schizophrène, de synthés décalés et de, non vous ne rêvez pas, cordes stridentes, dissonantes et cinématiques enregistrées en studio à Tel Aviv ! Cheveu reste donc fidèle à sa réputation en se situant exactement l
à où on
le l’attend pas ; son mariage a priori contre nature avec des arrangements de cordes se révèle être une brillante idée sur les quatre titres (Quattro Stagioni, No Birds, La fin au début, Bonne nuit chéri) où il est à l’œuvre. Et le reste de l'album 1000 - orné d'une superbe pochette réalisée avec des étiquettes de fruits et légumes (« Saveur de l'année 2010 », « Fizz'y les papilles en folie », « Brio fruits »… ) - autorise à partir faire son marché de tubes bâtis pour décoller sans effort vers un trip retrofuturiste… Ravi de cette aubaine, l'auditeur se nourrit des multiples bombinettes que contient l'opus qui nous intéresse ici - Ice Ice Baby, Charlie Sheen, Like A Deer In The Headlights etc etc - pour s'immiscer dans un dancing surréaliste où le post punk s'acoquine avec le rock garage, l'électro Lo FI, le psychédélisme cradingue, le symphonique borderline et la country démente. L'effet sur le cuir chevelu - et sur le reste ! -
est
ultra bénéfique : présentes en très grand nombre, les vitamines pour le corps et l'esprit agissent comme un magistral coup de fouet énergisant et stimulant. Cette sensation s'appelle "Cheveu". Conseillé par les plus grandes marques d'électrophones, de magnétos à cassettes et, à la rigueur, de lecteur de disques compacts, de mp3 et autres cochonneries compressées.
www.myspace.com/cheveu / www.myspace.com/bornbadrecords
* Metronomy - The English Riviera (2011) écouté par Philippe
En 2009, déconcertés par cette pop déviante, dissonante et addictive à la fois, on avait qualifié Nights Out, le premier LP de Metronomy de "positivement horripilant", tant il était rude à apprivoiser - depuis, c'est devenu un album cher à notre coeur. Et plus encore, depuis qu'on a pu vérifier aux Eurockéennes que Metronomy version 2011 était un groupe parfait en live : ce nouvel album déjà magnifiquement défendu sur scène, arrive à point pour lancer sur une orbite supérieure, un groupe qui le mériterait, eu égard au magnifique voyage proposé !
La bal(l)ade commence sur la plage : se superposant sur quelques mouettes et bruits de vagues rappelant la riante English Riviera, la basse de We Broke Free démarre en groove pépère, qui se muscle petit à petit. Everything goes my way est un ritournelle pop lo-fi entêtante où l'on découvre le nouveau pendant féminin du groupe, la charmante et très efficace batteuse/chanteuse Anna Prior, vraie valeur ajoutée qui manquait à la formule originale.
Joseph Mount, cerveau et âme du groupe, charismatique sur scène et grand remixeur devant l'Eternel, a en effet remanié son line-up, mais pour le meilleur : reste le clavier Oscar Cash, s'ajoute aussi l'excellent Gbenga Adelekan, dont la basse a un son formidable. The Look prouve par exemple qu'un synthétiseur intelligemment utilisé et associé à une telle basse, peuvent donner un résultat classieux, tandis que She Wants (premier single de cet album) distille une insidieuse angoisse… Mais bien sûr, les véritables machines à danser sont cachées au coeur du disque : l'éclatante et funky The Bay qui rend les gens dingues, jouée en vrai ; Corinne qui rappelle le meilleur des années '80 de Madchester.
Et il n'y a rien, ou si peu, à jeter dans les autres morceaux de The English Riviera, qui sait aussi prendre son temps dans la langueur : l'amusante Some Written s'étire tranquillement, avant de se fondre dans la lancinante Love Underlined finale, qui retrouve ce délicat assemblage d'électro-pop déglinguée/horripilante/irrésistible qui fait toute l'originalité de Metronomy. Voilà qui devrait convaincre n'importe qui de censé de s'intéresser aux prochaines opportunités de voir le groupe en live.
* Akosh S. & Gildas Etevenard - Erem (2011 / La Meson – 1D-PACA - L'Autre Distribution) écouté par Pirlouiiiit
Des multiples projets de ou auquel participe Gildas Etevenard, que ce soit Melc, de Nevchehirlian, ses duo ou trio avec Fantazio, Manu Theron, David Merlo, … celui ci avec Akosh Szelevényi est certainement le plus (free) jazz du lot. Sur ce disque donc à gauche Akosh et ses saxophone ténor, clarinette métal, harmonium, gongs, cloches, … à droite
Gildas et ses batterie, gardon (beaucoup), gongs, percussions … . Le résultat 7 morceaux pour près d'une heure de musique que je qualifierai rapidement de chamanique, bref à l'image de leurs prestations scéniques mémorables. Des morceaux non calibrés qui prennent leur temps, des montées en puissances saisissantes, suivies d'apaisement ou d'explosions, des clochettes omniprésentes, des morceaux ou chant, saxo et soupirs se confondent parfois comme sur Tudat … Sur les morceaux où le saxo de Akosh se fait « trop » free, le rythme chaleureux de Gildas nous aide à garder le cap jusqu'au prochain passage plus doux … sur le final Végig lehet làtni (un des rares morceau susceptible d'être radiodiffusé par son format) j'ai même pensé au premier disque de Tanger qui reste pour moi un monument de transe. Bref un disque (déconseillé aux audit
eurs
pressé) qui s' écoute d'une traite les yeux fermés de préférence et qui nous amène loin à chaque écoute. Pour sa nouvelle production (après Boxes, Bagels & Elephants de Kabbalah) la Meson (célèbre salle marseillaise) frappe à nouveau fort !
* Half Asleep - Subtitles For The Silent Versions (2011 / Unique records) écouté par Zeu Western Manooch
Quand quelqu'un réussit aussi bien ses débuts que Half Asleep, il y a non seulement de l’excitation dans l'attente de son deuxième album - cinq ans bordel !! - mais aussi un peu de crainte. Sera-t-elle à la hauteur des espérances ? Dans le cas présent, la Belge allait-elle conserver cette classieuse mélancolie, brute , revêche qui à l'époque nous avait culbuté ? Quel suspens !!
Réalisées entre temps, les dernières collaborations avec Angil ou Jullian Angel (qu'on retrouve ici), apportaient quelques indices : le talent et le style restaient intact mais après ? Dès les premières notes de ce Subtitles For The Silent Versions, tout est (re)devenu clair…On pouvait être rassuré !
Dès les premiers mots on est emballé. Effectivement, le moteur du projet, son propulseur, c'est Valérie Leclercq, notre demi assoupie bien alerte ma foi. Son verbe, sa conviction, ce chant agile et brûlant, grave et sobre. Une voix, qui au cœur de chanson est à la fois la balise et la tempête.
Une chose qu'Half Asleep a très bien intégrée, captant, et c'est tant mieux, toute la liberté, et la beauté attenante, qu'elle pouvait en sortir. Et, elle, d'offrir son imaginaire ouvert, pour nous, aux quatre vents.
Gratte, piano, bois, cuivres, ascètes et impérieux, sombres et cassants, sont mis à contribution, en appui de cette voix pas possible, édifiant structures chorales et autres syncopes mystérieuse, bourrées de chausse-trappes, d'accroche-cœur espiègles. Ça commence comme une petite bluette monocorde, un thème serein et effacé, et peu à peu la folie gagne, la machine sensationnelle s'emballe. Ça descend, ça monte , jusqu'au vertige, l'étourdissement, voluptueux dans ses silences, gracieux dans ses esclandres : une dernière invitation, une dernière histoire. Qu'on écoutera toute une vie…Bouleversant !
www.myspace.com/halffasleep
* Baxter Dury - Happy Soup (2011 / Parlophone - EMI) écouté par Pierre Andrieu
On savait déjà Baxter Dury extrêmement doué (ses précédents disques sont des must) malgré sa discrétion et son relatif manque de reconnaissance, mais avec son nouvel album Happy Soup, une incroyable collection de tubes pop rock à chanter ou à siffloter partout et tout le temps, il risque de frapper un grand coup. Et de devenir une star mondiale de l'indie pop, voire plus si affinités… Oui, messieurs dames, le fils du légendaire Ian Dury est bel et bien de la même trempe que son génial père : avec une nonchalance et une excentricité toutes anglaises, il arrive lui aussi à écrire des tubes en puissance, sans user d'effets putassiers, en restant sobrement subtil et distingué, avec son talent pour seule arme. Tel un Damon Albarn préférant l'ombre à la lumière, un Jarvis
Cocker sans lunettes et un Edwyn Collins plus jeune - l'univers du monsieur fait penser à ces précieux artistes -, le so British Baxter Dury décoche dix chansons totalement addictives, car joliment désuètes, furieusement actuelles par leur minimalisme, chantées d'une voix de crooner un peu las et truffées de gimmicks accrocheurs, d'idées de production lumineuses comme de chœurs féminins sexy… Oui, mais encore ? Et bien ce qui marque également au fer rouge, c'est l'évidence mélodique des morceaux, qui s'insinuent immédiatement dans les méninges et resurgissent à l'esprit comme par magie à différents moments de la journée, quand on se sent bien ou très légèrement mélancolique. Happy Soup est donc un véritable chef d'œuvre dont tous les titres sont forts (Claire, Trellic, Happy Soup, Afternoon, Isabel, Picnic On The Edge, Trophies, Leak At The Disco… tout le disque, on vous dit !) et pourraient bien vous faire craquer définitivement à la première
écoute, même un tant soit peu distraite…
www.baxter-dury.com / www.myspace.com/baxterdury
* Daniel Darc - La Taille de mon Âme (2011) écouté par Philippe
Tous les trois ans, au 21ième siècle, il se produit un événement musical exceptionnel (à l'échelle de la chanson française en tout cas) : Daniel Darc sort un nouvel album. Sur celui-ci, il apparaît sous une image pratiquement sous-titrée "Le Clochard Céleste" : on le dirait tout juste tombé à genoux dans son église, de retour après un grand voyage épuisant. Et pourtant, il a sur cet opus davantage le moral, et un peu moins de pulsions morbides, que sur le magistral et sombre Amours Suprêmes.
Bon, il s'acquitte bien vite du passage obligé du single (C'est moi le printemps, joyeuse et bien torchée, France Inter va aimer !), pour passer aux choses sérieuses : rendez-vous avec des dialogues des Enfants du Paradis (Arletty, Barrault and co), et une valse, une putain de valse comme vous n'en avez pas entendu depuis des années, de celles qui vous tordent les boyaux : La Taille de mon Âme semble chantée, tombé à terre, sous le porche d'une ancienne amoureuse qui n'a pas ouvert sa porte, effrayée par l'allure du voyageur de retour, et c'est une splendeur.
Car ses fans le savent : chacune des chansons de Daniel Darc, écrivain inaccompli mais parolier incroyable, est un poème, une nouvelle, presque un roman… C'était mieux avant est par exemple une histoire de filles et de garçons habillés en filles, qui discutent (et travaillent) sur un trottoir, magnifiquement mise en pop symphonique. Ana fait "tilt" directement : c'est orchestré comme du Christophe, bien sûr, à travers les doigts d'or de son arrangeur Laurent Marimbert (ici à la manoeuvre tout l'album, en remplacement des bons et loyaux services de Frédéric Lo), ça vous remue et ça finit par un solo de violoncelle à vous hérisser le poil.
My baby left me, c'est du Gainsbourg, influence digérée au point d'en devenir une filiation directe : terrible histoire en mode rock, d'une rupture par suicide, zébrée de phrases tranchantes comme un cran d'arrêt : "crever, c'est comme baiser, c'est pas parce qu'on a envie, qu'il faut le faire tout de suite…" et qui se fond dans une scansion du Heartbreak Hotel d'Elvis… Autre hommage, à son bien-aimé Coltrane peut-être, avec le piano et la songerie mélancolique et poignante, à propos d'enfants, d'amis partis et de jours enfuis Vers l'infini.
Et entre ces morceaux de bravoure, fort heureusement, de petites déconnades, des chutes de studio, des haïkus débraillés, des petites prières à ce dieu qui semble bien l'avoir définitivement sauvé - on lui en sait gré - et qu'il appelle des Variations : autant de respirations pour se reprendre, parfois même se marrer. N'empêche qu'on se souviendra longtemps de l'enchaînement de la deuxième (Amen), avec ce morceau d'un romantisme échevelé, aux arpèges enflammées rappelant l'intro mythique de House of the Rising Sun, et accompagnées d'une somptueuse trompette mariachi : Quelqu'un qui n'a pas besoin de moi, peut-être le plus beau texte de cet album qui pourtant, en déborde à plein seaux, et qui se finit a capella sous la pluie…
Et là aussi, pile au moment où ça pourrait tourner à l'apitoiement, vlan ! Une comptine marrante à l'ukulele et au melodica, Les filles aiment les tatouages… Avant de nettement plus glauques Voeux de bonne année, sous influence Gainsbarre à nouveau, et prétextes à une réflexion sur une possible damnation : celle du dernier survivant. Autre enchaînement qui tue, donc, et avec lequel Daniel Darc fait à nouveau preuve d'une admirable vision architecturale de l'album parfait, celui qu'il va bien finir par sortir un jour.
Avant de conclure, car c'est une vraie tradition chez ce chanteur, de plus en plus semblable dans ses intentions et ses convictions avec l'immense Johnny - le Man in Black de Memphis, bien sûr, pas l'idole des jeunes et des bikers de Thionville - avant de conclure, disions-nous, avec un splendide psaume mis en musique, Sois sanctifié, chanté d'une voix pleine de larmes. Nous laissant K.O. debouts, une fois de plus… Monsieur Darc, il paraît désormais évident que vous apparaîtrez au Jugement Dernier, sinon comme votre propre Sauveur, au moins comme celui de la chanson française et peut-être même, qui sait ? De quelques âmes perdues, sauvées in extremis par l'écoute d'un de vos textes…
* Corleone - Corleone (2011 / Lowmen Records) écouté par Pirlouiiiit
Il y a quelques mois nous étions un certain nombre à nous faire l'écho enthousiaste de la sortie du premier album de 69 (nouveau projet des ex Sloy Armand et Virginie après Sabo), aujourd'hui c'est au tour de Corleone (projet de Armand Gonzalez et des deux Dionysos Rico Serra-Tosio et Stephan Bertholio) de sortir son premier album. Un an après ce très bon concert au Lounge je suis content de pouvoir enfin poser une oreille sur ce disque (déjà enregistré à l'époque) et dont ils étaient si unanimement fiers, et dont les échos dans la presse sont à l'avenant. Il ne m'aura pas fallu plus d'une écoute pour comprendre pourquoi. 12 titre
s plus
péchus les uns que les autres. 12 mini bombes d'un power pop faussement naïve et sans pitié dont vous reprendrez certainement très vite en chœurs les refrains accrocheurs. Si on s'amuse à chercher des ressemblances on pourra citer en vrac et pour plein de raisons différentes : Big Soul, les B52s, Offspring, les White Stripes, Elektrolux* et inévitablement (et c'est tant mieux) Sloy ! Ceux qui reprochaient à Armand de chanter en yaourt n'auront qu'à bien tendre l'oreille cette fois ci on comprend tout et il y a même les paroles dans le disque. Bref une fois de plus je ne saurais que recommander aux curieux ce disque qui dans sa grande variété de morceaux contient au moins 4 tubes radiophoniques potentiels et donne une très bonne idée de l'énergie, la fraicheur et la bonne humeur que le trio dégage sur scène. A voir et à écouter sans
modération !
* amusant quand je pense que la première fois que j'ai entendu Elektrolux de loin j'avais pensé à Sloy
Corleone / myspace.com/corleoneband
* Anna Calvi - Anna Calvi (2011 / Domino - PIAS) écouté par Pierre Andrieu
Précédée par un énorme buzz savamment entretenu, le premier album d'Anna Calvi paraitra le 17 janvier 2011 via le label Domino, une très bonne maison à qui l'ont doit moult révélations puis confirmations (notamment The Kills, Franz Ferdinand et Arctic Monkeys). Même si après l'avoir vue exceller à deux reprises sur scène – en première partie de Clinic
et de
Grinderman –, on attendait avec impatience de découvrir la charmante songwriter sur la durée d'un album, les premières écoutes de cette œuvre éponyme laissent planer des sentiments contrastés : il y a un potentiel énorme dans de nombreuses chansons, la voix est souvent remarquable, mais certains titres sont trop emphatiques et l'ensemble semble un peu surestimé. Et puis, petit à petit, le temps fait son œuvre, on revient souvent vers ces chansons créant des ponts entre les œuvres de PJ Harvey, Jeff Buckley, Patti Smith, Captain Beefheart, Nina Simone, Angelo Badalamenti et Julee Cruise (sur les BO du toujours génial cinéaste David Lynch) et l'on tombe définitivement sous le charme de nombreuses compositions. A part quelques moments où l
e
lyrisme est excessif – les passages trop travaillés vocalement de The Devil, super influencé par Buckey fils, et Suzanne & I –, on en vient rapidement à la conclusion que ce disque est excellent, et qu'Anna Calvi est à l'aube d'une belle carrière. Sinon comment aurait-elle publié autant de bons morceaux sur son premier disque produit par Rob Ellis (musicien et producteur de PJ Harvey) ? Oui, comment aurait-elle pu disséminer sur cet opus ultra prometteur autant d'instants qui font battre le cœur très fort ? Comme le cinématique instrumental bluesy surf Rider To The Sea, l'impeccable ballade bluesy avec cordes divines Love Won't be Leaving, le magique No More Words, le très romantique et échevelé First We Kiss, l'immédiat Blackhout, l'hyper sensuel et très Polly Jean Harvey I'll Be Your Man, le presque religieux Morning Light et le rock enlevé de Desire… A découvrir patiemment et sans a priori.
www.annacalvi.com, www.myspace.com/annacalvi
* Louis Ville - Cinémas (2011 / Indego Productions - L'autre distribution) écouté par Pirlouiiiit
Louis Ville fait partie de ces quelques chanteurs qui envers et contre tout (comprendre sans l'indispensable boulot d'une boite assurant sa promo) continuent d'écrire, composer, tourner et sortir des disques pour le plus grand bonheur de ceux qui ont la chance de le connaître. Cinémas est son 4ème album solo (avant il y a eu le groupe Do It). Pas forcement le plus facile / accessible du lot, de part son rythme assez langoureux. On y retrouve cette voix à la Tom Waits / Arno (en plus intelligible) qui fait que à chaque fois que j'entends Leonard Cohen chanter « I was born with the gift of a golden voice » (dans Tower of song) je pense à Louis Ville. On retrouve aussi cette plume capable d'écrire des chansons tellement crues, tellement v
raies,
tellement physiques qu'elles ébranlent en profondeur. A ce jour Louis Ville reste l'auteur d'une des (si ce n'est la) chansons qui me touche le plus (Hôtel Pourri). Torturé, écorché (mais quand même plus tranquille qu'un Bell Oeil) il chante la vie et donc l'amour et leurs contraires comme personne. Sur ce disque il s'est entouré de quelques musiciens supplémentaires pour donner toutes les couleurs souhaitées à ses morceaux (le jeu de un morceau par style s'il est un peu anecdotique est tout de même réussi). A la première écoute on remarquera peut être Marcello, le très Chinaski Il y a toi (les deux morcaux les plus entrainants) ainsi que Ne te retourne pas et son superbe clip et bien sûr la la reprise de Vingt Ans de Leo Ferré qui passe toute seule. La sensualité qui se dégage des autres se dévoilera au fil des écoutes. Contrairement à ce qu'il dit qu'il aurait aimé être dans Le chanteur, Louis Ville n'est pas et ne sera jamais un chanteur de variétés.
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13 Cours Lieutaud, 13006 Marseille
Ouvert du Mardi au Jeudi de 14h à 19h. De 10h à 19h, les Vendredi et Samedi.
http://buttnaked-massilia.blogspot.com